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Deux points d'ancrage dans votre journée : pourquoi les adhkār du matin et du soir valent chaque minute

Le Coran associe un commandement illimité d'évoquer Allah à deux moments précis — le matin et le soir — et lie ces deux instants, à plusieurs reprises, à la patience et à un état spirituel promis. Un examen attentif de ce que la Sunna ajoute à cette association explique pourquoi cette pratique repose sur deux points d'ancrage fixes plutôt que sur une habitude continue.

Lecture de 9 min2 sourcesMorning & Evening

Auteur:The Quran Gallery team

L’injonction coranique d’évoquer Allah ne comporte, à un endroit précis, absolument aucune limite — avant de se voir imposer, dans la proposition qui suit immédiatement, un cadre temporel strict.

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱذْكُرُوا۟ ٱللَّهَ ذِكْرًا كَثِيرًا وَسَبِّحُوهُ بُكْرَةً وَأَصِيلًا

« Ô vous qui croyez ! Évoquez Allah d’une façon abondante et glorifiez-Le à la pointe du matin et à la tombée du soir. »

— Sourate Al-Aḥzāb, 33:41–42

La première partie de ce verset demande une chose impossible à mesurer : dhikran kathīran, « une invocation abondante », sans qu’aucune limite supérieure ne soit fixée nulle part. La seconde moitié se resserre immédiatement sur deux fenêtres temporelles précises : bukratan, le matin, et aṣīlan, le soir. Une directive ouverte est suivie, dans le même souffle, d’une autre aux coordonnées exactes. Il convient de s’y attarder avant d’aller plus loin dans notre réflexion. Si le fait d’évoquer Allah « abondamment » couvre déjà chaque heure d’éveil, que viennent faire le matin et le soir en tant que second élément distinct ? Ce qui suit est une tentative d’y répondre avec honnêteté — non pas en éludant le commandement général, mais en montrant ce qu’apportent ces deux créneaux spécifiques qu’une instruction ouverte à se souvenir « souvent » ne peut, à elle seule, garantir.

Un commandement lié à une tâche plus ardue

Le Coran ne laisse pas l’injonction du matin et du soir isolée, comme une simple coquetterie spirituelle. Il ne cesse de l’associer, dans plusieurs sourates, à quelque chose de considérablement plus difficile : le sabr, la patience face à une véritable adversité.

فَٱصْبِرْ إِنَّ وَعْدَ ٱللَّهِ حَقٌّ وَٱسْتَغْفِرْ لِذَنۢبِكَ وَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ بِٱلْعَشِىِّ وَٱلْإِبْكَـٰرِ

« Sois donc patient. En vérité, la promesse d’Allah est vraie. Implore le pardon pour ton péché, et célèbre les louanges de ton Seigneur le soir et le matin. »

— Sourate Ghāfir, 40:55

فَٱصْبِرْ عَلَىٰ مَا يَقُولُونَ وَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ قَبْلَ طُلُوعِ ٱلشَّمْسِ وَقَبْلَ ٱلْغُرُوبِ

« Endure donc patiemment ce qu’ils disent, et célèbre les louanges de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant son coucher. »

— Sourate Qāf, 50:39

Ces deux versets s’adressaient au Messager, que la paix et les bénédictions soient sur lui, alors qu’il subissait les moqueries ouvertes et le rejet catégorique de personnes ayant déjà décidé de ne pas l’écouter. Le commandement n’est pas « adore-Moi quand tu en ressens l’envie ». Il est plutôt : « endure ce qu’ils disent, et glorifie-Moi avant le lever et avant le coucher du soleil » — la patience et l’évocation réunies dans la même phrase, comme si l’on ne pouvait espérer que l’une fonctionne sans que l’autre ne vienne l’alimenter.

Cette association explique en partie ce choix temporel. Le sabr n’est pas une humeur dans laquelle on s’installe une bonne fois pour toutes pour se laisser porter ; c’est une posture qui doit être renouvelée. Elle s’effrite le plus rapidement aux deux points de bascule de la journée : au début, avant même que les provocations du jour ne se présentent et que la résolution ne soit encore que théorique, et à la fin, lorsque les contrariétés se sont accumulées et que la patience n’est plus que ce qu’il reste une fois toute notre énergie épuisée. Ordonner le dhikr précisément à ces moments-là, plutôt que de le laisser au bon vouloir de chacun, c’est exiger de faire le plein exactement là où le réservoir est certain de se vider en premier.

L’état que ces deux fenêtres temporelles sont censées produire

Un troisième verset reprend cette même association et lui donne une destination.

فَٱصْبِرْ عَلَىٰ مَا يَقُولُونَ وَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ قَبْلَ طُلُوعِ ٱلشَّمْسِ وَقَبْلَ غُرُوبِهَا ۖ وَمِنْ ءَانَآئِ ٱلَّيْلِ فَسَبِّحْ وَأَطْرَافَ ٱلنَّهَارِ لَعَلَّكَ تَرْضَىٰ

« Supporte patiemment ce qu’ils disent, et célèbre les louanges de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant son coucher, et glorifie-Le pendant les heures de la nuit et aux deux extrémités du jour, afin que tu sois satisfait. »

— Sourate Ṭāhā, 20:130

Remarquez la proposition finale : laʿallaka tarḍā, « afin que tu sois satisfait ». Les deux mêmes fenêtres temporelles, répétées une fois de plus, sont cette fois liées non seulement à l’endurance, mais à un résultat : le riḍā, cet état de contentement, d’apaisement, de paix avec la situation telle qu’elle est entre vous et votre Seigneur. Le verset indique explicitement que c’est là le but de cette discipline.

En pratique, à quoi ressemble la quête de cet état lorsqu’elle se traduit par une habitude verbale plutôt que par un objectif abstrait ? La Sunna nous en fournit la formulation exacte :

مَنْ قَالَ حِينَ يُمْسِي: رَضِيتُ بِاللَّهِ رَبًّا، وَبِالْإِسْلَامِ دِينًا، وَبِمُحَمَّدٍ نَبِيًّا، كَانَ حَقًّا عَلَى اللَّهِ أَنْ يُرْضِيَهُ

« Quiconque dit, lorsque vient le soir : “Je suis satisfait d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion et de Muhammad comme prophète”, Allah S’engage par une promesse à le satisfaire. »

— Sunan al-Tirmidhī, hadith 3686, page imprimée 6/18 de l’édition . Al-Tirmidhī lui-même clôt ce récit avec son propre verdict, ḥasan gharīb min hādhā al-wajh — bon mais singulier par cette voie de transmission précise. Les éditeurs de cette impression ajoutent, dans leur note de bas de page, que cette chaîne spécifique est faible en raison d’un narrateur, mais que la formulation est corroborée par d’autres voies, dont l’une préservée dans le Musnad de Aḥmad par l’intermédiaire de Abū Saʿīd al-Khudrī, qu’ils qualifient d’emblée de ṣaḥīḥ — ce qui rend le hadith, pris dans son ensemble, ṣaḥīḥ li-ghayrihi : authentique en raison de ce qui l’appuie, même si une transmission isolée ne suffirait pas à en porter le poids.

Le mot que le hadith place dans la bouche de celui qui le récite est le même que celui désigné par le Coran comme objectif : riḍā, tarḍā, issus de la même racine. Le Coran dit : fais cela afin que tu sois satisfait. La Sunna fournit les mots exacts et y associe une rétribution spécifique : dis cela, et Allah S’est engagé, par Sa propre promesse, à y répondre de la même manière — le jour même où le contentement sera le plus difficile à puiser à une autre source. Deux fois par jour, le croyant n’espère pas simplement se sentir en paix avec sa situation ; il répète la phrase exacte qui porte la garantie que cette paix lui sera rendue plus tard, au moment où elle comptera bien plus qu’aujourd’hui.

Une assurance qui se réinitialise toutes les douze heures

Le Coran présente ces deux fenêtres temporelles comme un entraînement à la patience et au contentement. Un autre hadith donne une raison plus tranchée et plus littérale pour laquelle cet entraînement ne doit pas être délaissé.

سَيِّدُ الِاسْتِغْفَارِ أَنْ تَقُولَ: اللَّهُمَّ أَنْتَ رَبِّي لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ، خَلَقْتَنِي وَأَنَا عَبْدُكَ، وَأَنَا عَلَى عَهْدِكَ وَوَعْدِكَ مَا اسْتَطَعْتُ، أَعُوذُ بِكَ مِنْ شَرِّ مَا صَنَعْتُ، أَبُوءُ لَكَ بِنِعْمَتِكَ عَلَيَّ وَأَبُوءُ لَكَ بِذَنْبِي فَاغْفِرْ لِي، فَإِنَّهُ لَا يَغْفِرُ الذُّنُوبَ إِلَّا أَنْتَ. قَالَ: وَمَنْ قَالَهَا مِنَ النَّهَارِ مُوقِنًا بِهَا، فَمَاتَ مِنْ يَوْمِهِ قَبْلَ أَنْ يُمْسِيَ، فَهُوَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ، وَمَنْ قَالَهَا مِنَ اللَّيْلِ وَهُوَ مُوقِنٌ بِهَا، فَمَاتَ قَبْلَ أَنْ يُصْبِحَ، فَهُوَ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ

« La formule maîtresse de la demande de pardon consiste à dire : “Ô Allah, Tu es mon Seigneur ; il n’y a de divinité que Toi. Tu m’as créé et je suis Ton serviteur, et je me tiens, autant que je le puis, à mon pacte et à ma promesse envers Toi. Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de ce que j’ai fait. Je reconnais devant Toi Tes bienfaits à mon égard, et je reconnais mon péché — pardonne-moi donc, car nul autre que Toi ne pardonne les péchés.” » Il a dit : « Quiconque la prononce pendant la journée, avec conviction, et meurt ce même jour avant que le soir n’arrive, fera partie des gens du Paradis. Et quiconque la prononce pendant la nuit, avec conviction, et meurt avant que le matin n’arrive, fera partie des gens du Paradis. »

— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, hadith 5947, page imprimée 5/2323 de l’édition .

Observez la manière dont cette garantie est construite. Elle n’est pas illimitée. Elle couvre très exactement l’intervalle entre une récitation et la suivante — du matin au soir, du soir au matin — et rien de plus. Prononcez-la une fois à l’aube, et la promesse qu’elle porte s’achève au coucher du soleil ; elle doit être répétée avant que la nuit ne vous enveloppe, et la version prononcée la nuit ne s’étend que jusqu’à l’aube. C’est là, parmi les nombreux enseignements de ce hadith, une explication très littérale de la raison pour laquelle cette discipline repose sur deux points fixes plutôt que sur une instruction ouverte invitant à demander pardon chaque fois que l’idée nous en vient. On ne peut pas se contenter de la prononcer une fois en supposant que la couverture s’étendra sur toute la semaine. Le renouvellement doit se faire au même rythme que celui de la mort, et la mort n’annonce pas à l’avance quelles douze heures elle a choisies.

C’est une réalité bien plus difficile à affronter que n’importe laquelle des récompenses promises prises isolément — le pardon, l’affranchissement du Feu, l’entrée au Paradis. Aucune d’entre elles ne décrit un mardi ordinaire. Elles décrivent ce qu’il reste entre les mains d’une personne si la journée en cours s’avère être la dernière. Le Coran présente ces deux fenêtres comme un entraînement au sabr et au riḍā ; le hadith fournit la raison la plus évidente pour laquelle cet entraînement ne doit pas être interrompu : la moitié de la journée dans laquelle vous vous trouvez actuellement pourrait bien être celle qui décidera de tout.

Pourquoi deux, et non pas un seul

Mettez ces éléments bout à bout, et les contours de cette pratique se dessinent clairement. Un commandement illimité d’évoquer Allah est restreint à deux fenêtres précises car c’est à ces deux points de bascule, et non à un seul, que la patience d’une personne est la plus fragile : au début de la journée, avant qu’elle n’ait mis quoi que ce soit à l’épreuve, et à la fin, après qu’elle a tout éprouvé. Ces deux mêmes fenêtres portent une invocation spécifique pour le contentement, car le contentement n’est pas une donnée liée aux circonstances ; c’est un état qui doit être renouvelé aussi souvent que les circonstances menacent de le perturber, et une journée offre deux occasions naturelles de le faire avant même de s’achever. Et ces deux mêmes fenêtres portent la promesse attachée à la formule maîtresse de la demande de pardon, car la garantie qu’elle offre est délibérément éphémère — elle ne s’étend que jusqu’au prochain lever ou coucher du soleil, ce qui signifie que l’on n’est jamais à plus d’une demi-journée de devoir la prononcer à nouveau.

Une pratique limitée au seul lever du soleil, ou au seul coucher, laisserait exactement la moitié de chaque journée à découvert — sans que la patience, le contentement et le pardon ne soient pleinement renouvelés. Les quelques minutes que requièrent ces deux fenêtres ne sont pas une taxe prélevée sur une journée déjà bien remplie. Elles constituent le plus court intervalle auquel une personne puisse s’engager pour être ramenée à l’essentiel, par deux fois, avant que l’une ou l’autre moitié de la journée n’ait l’occasion de s’achever sans elles. La collection Adhkār de The Quran Gallery rassemble les invocations de ces deux fenêtres en un seul endroit, avec leurs sources, pour la moitié de la journée qui s’annonce à vous en ce moment même.

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