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La belle vie : ce qu'Allah promet à celui qui vit avec Lui

Un seul verset de la sourate al-Naḥl désigne une belle vie comme récompense de la foi et des bonnes œuvres — et un verset en écho dans la sourate Ṭāhā décrit le sort inverse pour celui qui s'en détourne. Aucun de ces versets ne mentionne l'argent, la santé ou le confort. Voici ce que cette promesse désigne réellement, et ce qui change au quotidien pour la personne qui la vit.

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Auteur:The Quran Gallery team

Deux personnes peuvent occuper le même emploi, vivre dans la même rue et percevoir le même salaire, et pourtant le Coran décrira l’une d’elles comme menant une belle vie, et l’autre comme menant une vie qui s’est refermée sur elle. La différence n’a rien à voir avec ce que l’un ou l’autre possède. La sourate al-Naḥl énonce cette promesse en un seul verset, et n’y attache que deux conditions, rien de plus :

مَنْ عَمِلَ صَـٰلِحًا مِّن ذَكَرٍ أَوْ أُنثَىٰ وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَلَنُحْيِيَنَّهُۥ حَيَوٰةً طَيِّبَةً ۖ وَلَنَجْزِيَنَّهُمْ أَجْرَهُم بِأَحْسَنِ مَا كَانُوا۟ يَعْمَلُونَ

Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs actions.

Sourate al-Naḥl, 16:97

La promesse comporte deux conditions, et seulement deux

Le verset mentionne les deux sexes pour une raison précise : il ferme une porte que certains foyers aiment laisser ouverte, où les bonnes actions d’une femme sont considérées comme ayant moins de valeur que celles d’un homme. Ici, elles ont exactement la même valeur. Si l’on met de côté cette précision, il ne reste que les deux éléments qui déterminent réellement le résultat : īmān, une conviction profonde et ancrée envers Allah plutôt qu’une habitude héritée sans réflexion, et ʿamal ṣāliḥ, des actes qui sont véritablement pieux plutôt que simplement perçus comme tels. Aucune de ces conditions ne mentionne le revenu, la santé, la nationalité, l’intelligence ou les circonstances. Ce silence constitue l’essence même de ce qui suit : si aucune de ces choses n’apparaît dans le verset, aucune d’elles ne peut être ce que le verset promet.

Le confort n’a jamais été promis

Lisez la série de conditions suivante que le Coran impose aux personnes mêmes auxquelles il s’adresse, et il devient évident qu’une vie sans heurts n’a jamais été au programme :

وَلَنَبْلُوَنَّكُم بِشَىْءٍ مِّنَ ٱلْخَوْفِ وَٱلْجُوعِ وَنَقْصٍ مِّنَ ٱلْأَمْوَٰلِ وَٱلْأَنفُسِ وَٱلثَّمَرَٰتِ ۗ وَبَشِّرِ ٱلصَّـٰبِرِينَ

Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants.

Sourate al-Baqarah, 2:155

La peur, la faim et la perte sont citées comme des choses auxquelles le croyant doit s’attendre, et non comme les signes d’une foi défaillante. L’axe que le Coran mesure réellement ne peut donc pas être celui du confort opposé à la difficulté. Il s’agit nécessairement d’autre chose, et la sourate Ṭāhā le nomme directement, dans le verset qui agit comme le reflet inversé de la promesse d’al-Naḥl :

وَمَنْ أَعْرَضَ عَن ذِكْرِى فَإِنَّ لَهُۥ مَعِيشَةً ضَنكًا وَنَحْشُرُهُۥ يَوْمَ ٱلْقِيَـٰمَةِ أَعْمَىٰ

Et quiconque se détourne de Mon rappel, mènera certes une vie pleine de gêne, et le Jour de la Résurrection Nous l’amènerons aveugle au rassemblement.

Sourate Ṭāhā, 20:124

Le terme « pleine de gêne » (ḍankā) décrit un passage trop étroit pour s’y mouvoir librement — une vie qui ne cesse de se refermer, peu importe l’espace que son propriétaire tente de s’acheter. La personne condamnée à ce sort proteste lorsqu’elle est ressuscitée aveugle :

قَالَ رَبِّ لِمَ حَشَرْتَنِىٓ أَعْمَىٰ وَقَدْ كُنتُ بَصِيرًا

Il dira : « Ô mon Seigneur, pourquoi m’as-Tu amené aveugle alors qu’auparavant je voyais ? »

Sourate Ṭāhā, 20:125

قَالَ كَذَٰلِكَ أَتَتْكَ ءَايَـٰتُنَا فَنَسِيتَهَا ۖ وَكَذَٰلِكَ ٱلْيَوْمَ تُنسَىٰ

[Allah] lui dira : « De même que Nos signes te sont venus et que tu les as oubliés, ainsi aujourd’hui tu es oublié. »

Sourate Ṭāhā, 20:126

Remarquez ce qui déclenche la sentence : le fait de se détourner du rappel, et non la pauvreté ou l’adversité. Allah accorde la richesse et le confort à des personnes qui ne pensent jamais à Lui — c’est un fait observable qui ne nécessite aucun verset pour être prouvé. Ainsi, une vie matériellement facile ne peut être la récompense décrite dans al-Naḥl, et une vie matériellement difficile ne peut être le châtiment décrit dans Ṭāhā. Deux personnes peuvent avoir des comptes en banque identiques. La vie de l’une est belle parce que son cœur continue de se tourner vers Allah ; celle de l’autre s’est rétrécie comme un couloir parce que son cœur a cessé de se tourner vers Lui, aussi vaste soit la maison dans laquelle il s’est enfermé.

Les deux éléments qui composent réellement cette vie

Si ni le revenu ni le confort ne tracent la frontière, c’est qu’autre chose s’en charge. L’érudition classique considère que l’expression ḥayāh ṭayyibah désigne deux états intérieurs spécifiques plutôt qu’une quelconque condition extérieure.

Le premier est le contentement — non pas l’absence de désir, mais l’absence de cette agitation qui pousse à toujours chercher plus, indépendamment de ce que l’on a déjà obtenu. Le Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) a tracé cette ligne avec précision, dans un hadith rapporté à la fois par Al-Bukhārī et Muslim :

لَيْسَ الْغِنَى عَنْ كَثْرَةِ الْعَرَضِ، وَلَكِنَّ الْغِنَى غِنَى النَّفْسِ

La richesse ne réside pas dans l’abondance des biens. La vraie richesse est plutôt la richesse de l’âme.

— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, édition imprimée page 5/2368 de l’édition

Cette phrase n’est pas un conseil invitant à désirer moins. C’est une définition : la richesse qui réside à l’extérieur d’une personne — dans un compte en banque, un portefeuille d’actions, un entrepôt — n’a jamais donné à quiconque le sentiment d’avoir assez, car « assez » n’est pas une quantité que l’argent peut atteindre. C’est un état que l’âme possède ou ne possède pas, indépendamment du chiffre qui y est associé.

La seconde condition est un cœur apaisé, et le Coran est explicite sur le fait que cet apaisement a une cause bien précise :

ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَتَطْمَئِنُّ قُلُوبُهُم بِذِكْرِ ٱللَّهِ ۗ أَلَا بِذِكْرِ ٱللَّهِ تَطْمَئِنُّ ٱلْقُلُوبُ

Ceux qui ont cru, et dont les cœurs s’apaisent à l’évocation d’Allah. N’est-ce point par l’évocation d’Allah que s’apaisent les cœurs ?

Sourate al-Raʿd, 13:28

L’« apaisement » ici n’est pas l’immobilité — la personne continue de travailler, de ressentir du chagrin, de se fatiguer. C’est l’absence d’un type de mouvement bien précis : le cœur ne balance plus d’un attachement à l’autre en cherchant un point de chute solide, car il a déjà atterri. Si l’on réunit ces deux conditions, la belle vie ressemble moins à un état d’âme qu’à un résultat d’ingénierie : une âme qui se mesure à l’aune de ce qu’elle possède réellement plutôt que de ce qui lui manque, ancrée à quelque chose qui ne bouge pas.

Ce qui change concrètement lors d’une journée ordinaire

Rien de tout cela ne reste théorique, car ces deux mêmes conditions produisent une différence concrète et vérifiable dans la façon dont on vit une journée ordinaire — à commencer par les premières minutes de la journée. Le Prophète (que la paix soit sur lui) a décrit le niveau de base que la plupart des gens atteignent déjà sans s’en rendre compte :

مَنْ أَصْبَحَ مِنْكُمْ مُعَافًى فِي جَسَدِهِ، آمِنًا فِي سِرْبِهِ، عِنْدَهُ قُوتُ يَوْمِهِ، فَكَأَنَّمَا حِيزَتْ لَهُ الدُّنْيَا

Quiconque parmi vous se réveille en bonne santé dans son corps, en sécurité dans son foyer, et possédant sa nourriture pour la journée — c’est comme si le monde entier lui avait été amassé.

— Sunan Ibn Mājah, édition imprimée page 5/253 de l’édition , qualifié de ḥasan par l’ensemble de ses chaînes de transmission corroborantes

La plupart des gens se réveillent en remplissant ces trois conditions, et pourtant ils commencent leur journée en comptant ce qui leur manque au lieu de ce qui vient de leur être accordé. Ce que le contentement change, c’est l’étalon de mesure lui-même : un corps qui fonctionne, un foyer sûr et un repas déjà assuré cessent d’être des données de base pour devenir le solde d’ouverture de la journée, avant même qu’une seule chose n’ait été gagnée ou accomplie. Le sentiment de manque qu’éprouve une âme agitée lors de cette même matinée ne provient pas des faits de la matinée. Il vient du fait de mesurer cette matinée à l’aune de ce qui manque encore, plutôt qu’à l’aune de ce qui est déjà là.

Ce même changement de perspective se manifeste à nouveau lorsque la journée apporte ses deux types de nouvelles : ce que l’on désirait, et ce que l’on ne désirait pas. La condition d’īmān de la sourate al-Naḥl a un effet spécifique et descriptible sur les deux, selon un hadith rapporté par Ṣuhayb :

عَجَبًا لِأَمْرِ الْمُؤْمِنِ، إِنَّ أَمْرَهُ كُلَّهُ خَيْرٌ، وَلَيْسَ ذَاكَ لِأَحَدٍ إِلَّا لِلْمُؤْمِنِ، إِنْ أَصَابَتْهُ سَرَّاءُ شَكَرَ فَكَانَ خَيْرًا لَهُ، وَإِنْ أَصَابَتْهُ ضَرَّاءُ صَبَرَ فَكَانَ خَيْرًا لَهُ

Que l’affaire du croyant est étonnante ! Son affaire ne comporte que du bien, et cette prérogative n’appartient qu’au croyant. S’il est l’objet d’un événement heureux, il remercie et c’est là pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est là encore pour lui une bonne chose.

— Ṣaḥīḥ Muslim, édition imprimée page 4/2295 de l’édition

Remarquez que le hadith ne prétend pas que le malheur cesse d’être douloureux. Une facture inattendue, un diagnostic médical, un projet annulé — rien de tout cela n’est redéfini comme étant secrètement une bonne nouvelle. Ce qui change, c’est qu’aucun de ces résultats n’est autorisé à devenir la seule réalité : une bonne nouvelle devient une occasion de faire preuve de gratitude plutôt que de se dire que la vie commence enfin à sourire, et une mauvaise nouvelle devient une occasion de faire preuve de patience plutôt que la preuve qu’Allah a abandonné le plan. Les deux réactions pointent dans la même direction — vers Allah — ce qui correspond exactement au « rappel » dont la sourate Ṭāhā disait que la vie pleine de gêne s’était détournée. Une journée construite de cette manière n’est pas plus facile que celle de n’importe qui d’autre. Elle n’est simplement jamais laissée à la merci du dernier événement survenu.

Un avant-goût d’une récompense plus complète

Relisez le verset d’al-Naḥl et vous verrez qu’il se divise nettement en deux promesses, et non en une seule. La belle vie est ce que la foi et les bonnes œuvres produisent dès maintenant, au cœur d’une journée ordinaire qui contient toujours de la peur, de la faim et des pertes, exactement comme la sourate al-Baqarah l’avait annoncé. La récompense « en fonction des meilleures de leurs actions » est ce que ces mêmes œuvres produiront plus tard, et le verset prend soin de séparer les deux — cette vie n’est pas le paiement, seulement son avant-goût. Celui qui se réveille en sécurité, en bonne santé et nourri, et qui considère cela comme suffisant ; qui accueille les bonnes nouvelles avec gratitude et les mauvaises avec patience parce que toutes deux le ramènent à Allah — cette personne n’attend pas que la belle vie commence. Elle en vit déjà la version qui tient dans une seule journée ordinaire, la version plus complète l’attendant encore.

La sourate al-Naḥl s’étend sur près de cent trente versets de part et d’autre du verset 16:97, et la lire dans son intégralité sur le lecteur du Coran de Quran Gallery est le moyen le plus rapide de voir ce qui entoure cette promesse — les versets sur les abeilles, sur le miel, sur un foyer bâti à partir de rien, tous réunis dans cette même sourate qui nomme ce dont est réellement faite une belle vie.

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