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Aimer Allah : Comment un cœur sait que son amour est véritable
Aimer Allah n'est pas un simple sentiment intime que l'on accepte aveuglément : le Coran le nomme, le décrit comme réciproque et donne un critère précis pour distinguer un amour véritable d'une fausse prétention.
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- The Quran Gallery team
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Demandez à la plupart des gens ce que signifie l’amour d’Allah et ils vous décriront un sentiment : de la chaleur, de la gratitude, une sensation de proximité pendant la prière. Rien de tout cela n’est faux, mais rien n’est vérifiable non plus — un sentiment peut être décrit de la manière qui plaît à celui qui l’éprouve. Le Coran ne cantonne pas la maḥabbah (l’amour) au simple rang de sentiment. Il la nomme, la décrit comme une relation à double sens, et fournit un critère unique et précis pour distinguer un amour sincère d’une fausse prétention. Ce critère, ainsi que ce qu’il valide ou exclut, constitue le sujet de cet article.
La ʿibādah, l’adoration, est souvent perçue comme un ensemble d’obligations : prier, jeûner, donner. Allah décrit une réalité sous-jacente à cette image. Les croyants, dit-Il, se distinguent par l’intensité de leur amour pour Lui :
وَمِنَ ٱلنَّاسِ مَن يَتَّخِذُ مِن دُونِ ٱللَّهِ أَندَادًا يُحِبُّونَهُمْ كَحُبِّ ٱللَّهِ ۖ وَٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓا۟ أَشَدُّ حُبًّا لِّلَّهِ ۗ وَلَوْ يَرَى ٱلَّذِينَ ظَلَمُوٓا۟ إِذْ يَرَوْنَ ٱلْعَذَابَ أَنَّ ٱلْقُوَّةَ لِلَّهِ جَمِيعًا وَأَنَّ ٱللَّهَ شَدِيدُ ٱلْعَذَابِ
« Et parmi les hommes, il en est qui prennent d’autres qu’Allah pour égaux [à Lui] ; ils les aiment comme ils [devraient] aimer Allah. Mais ceux qui croient sont plus ardents dans leur amour pour Allah. Si seulement les injustes pouvaient voir, lorsqu’ils verront le châtiment, que toute la puissance appartient à Allah, et qu’Allah est sévère en punition. »
Remarquez la comparaison qu’établit cette āyah. Elle ne dit pas que le mécréant ne ressent rien et que le croyant ressent quelque chose. Elle affirme que tous deux éprouvent de l’amour — la différence réside dans l’objet de cet amour, et dans sa force une fois qu’il y est placé. C’est pourquoi l’obéissance sans amour et l’obéissance avec amour ne sont pas un même acte accompli dans des états d’esprit différents. Un serviteur qui n’obéit que par devoir fait ce qu’on lui demande et s’arrête là, à la manière d’un locataire qui paie son loyer. Un serviteur qui obéit par amour fait ce qu’on lui demande et cherche toujours à en faire plus — car la simple conformité n’a jamais été le but ; c’est la proximité qui l’est. La rakʿah est identique dans les deux cas. Ce qui y est offert, en revanche, ne l’est pas.
Le Coran ne décrit pas seulement l’amour humain s’élevant vers Allah. Il décrit l’amour d’Allah descendant vers nous, et affirme clairement que les deux ne sont pas de même mesure : Son amour vient en premier et rend l’amour humain possible, et non l’inverse :
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ مَن يَرْتَدَّ مِنكُمْ عَن دِينِهِۦ فَسَوْفَ يَأْتِى ٱللَّهُ بِقَوْمٍ يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَهُۥٓ أَذِلَّةٍ عَلَى ٱلْمُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى ٱلْكَـٰفِرِينَ يُجَـٰهِدُونَ فِى سَبِيلِ ٱللَّهِ وَلَا يَخَافُونَ لَوْمَةَ لَآئِمٍ ۚ ذَٰلِكَ فَضْلُ ٱللَّهِ يُؤْتِيهِ مَن يَشَآءُ ۚ وَٱللَّهُ وَٰسِعٌ عَلِيمٌ
« Ô vous qui croyez ! Quiconque parmi vous se détourne de sa religion — Allah fera venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime : humbles envers les croyants, puissants envers les mécréants, luttant dans le sentier d’Allah, et ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah ; Il la donne à qui Il veut, et Allah est Immense et Omniscient. »
Observez l’ordre des deux verbes : « qu’Il aime et qui L’aiment » — yuḥibbuhum avant yuḥibbūnahu. Son amour pour ce peuple est mentionné avant le leur pour Lui. C’est un point essentiel pour quiconque s’inquiète de trouver son amour fragile, inconstant ou lent à grandir : la relation ne commence pas par un serviteur qui cultive un sentiment suffisant pour ensuite mériter l’amour d’Allah en récompense. Elle commence par l’amour d’Allah, qui est précisément ce qui rend le serviteur capable de L’aimer en retour — et cet amour est décrit ici en des termes que chaque lecteur peut reconnaître : l’humilité envers les autres croyants, la fermeté face à ce qui s’oppose à la vérité, et l’indifférence face à l’opinion des détracteurs. Il ne s’agit pas d’une abstraction. C’est la description d’un trait de caractère.
Si l’amour d’Allah ne peut être vérifié en demandant à quelqu’un ce qu’il ressent, comment peut-il l’être ? Le Coran n’apporte qu’une seule réponse, et ce n’est pas un sentiment — c’est une action avec un résultat visible :
قُلْ إِن كُنتُمْ تُحِبُّونَ ٱللَّهَ فَٱتَّبِعُونِى يُحْبِبْكُمُ ٱللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ ۗ وَٱللَّهُ غَفُورٌ رَّحِيمٌ
« Dis : “Si vous aimez Allah, suivez-moi ; Allah vous aimera et vous pardonnera vos péchés.” Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »
Cette āyah a été révélée pour trancher un débat soulevé par certains contemporains du Prophète à leur propre sujet : ils prétendaient que leur attachement à Allah n’avait pas besoin d’être confirmé par le suivi d’un Messager. La réponse est sans équivoque : un amour d’Allah qui ne passe pas par le suivi des enseignements du Messager (paix et bénédictions sur lui) est une prétention, non un fait. Suivre, ici, ne signifie pas un geste unique et spectaculaire. Cela désigne le travail ordinaire et répété consistant à modeler sa façon de prier, de parler, de juger et de traiter les autres selon ce qu’il a réellement enseigné — le seul domaine où une prétention d’amour se manifeste de manière vérifiable.
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a formulé une version plus stricte de ce même critère. En décrivant ce qu’il faut pour goûter à la foi plutôt que de simplement la posséder, il a dit :
« Il y a trois choses, celui qui les possède goûtera à la douceur de la foi : qu’Allah et Son Messager lui soient plus chers que tout le reste ; qu’il n’aime une personne que pour Allah ; et qu’il déteste retourner à la mécréance, après qu’Allah l’en a sauvé, comme il détesterait être jeté dans le Feu. »
Ceci est rapporté à la page 1/13 de l’édition . Relisez la première proposition : non pas « aime Allah », mais « qu’Allah et Son Messager lui soient plus chers que tout le reste » — il s’agit d’un comparatif, pas d’une catégorie. Le critère n’est jamais de savoir si l’amour est présent ; une part d’amour pour Allah est présente dans presque chaque cœur croyant. Le critère est de savoir s’il surpasse tout ce qui entre en compétition avec lui.
Une narration préservée de ʿAbdullāh ibn Masʿūd (qu’Allah soit satisfait de lui) donne une seconde version, plus intime, de ce même critère — une version qui ne requiert aucun témoin :
« Quiconque se réjouit de savoir s’il aime Allah et Son Messager, qu’il observe : s’il aime le Coran, alors il aime Allah et Son Messager. »
Ceci est consigné dans l’ouvrage , à la page 304. C’est un critère délibérément intime. Personne d’autre n’a besoin de vous voir l’appliquer — vous pouvez vous y soumettre seul, en étant honnête sur le fait de savoir si la récitation est un moment que vous recherchez ou une corvée dont vous vous acquittez.
Rien de tout cela ne demande à quiconque de cesser d’aimer sa famille, son travail ou ses biens. Il s’agit plutôt de savoir à quel rang se situent ces amours. Allah dresse la liste exacte de ce qui entre typiquement en compétition avec l’amour qu’on Lui porte, et énonce la conséquence d’une erreur dans cet ordre de priorité :
قُلْ إِن كَانَ ءَابَآؤُكُمْ وَأَبْنَآؤُكُمْ وَإِخْوَٰنُكُمْ وَأَزْوَٰجُكُمْ وَعَشِيرَتُكُمْ وَأَمْوَٰلٌ ٱقْتَرَفْتُمُوهَا وَتِجَـٰرَةٌ تَخْشَوْنَ كَسَادَهَا وَمَسَـٰكِنُ تَرْضَوْنَهَآ أَحَبَّ إِلَيْكُم مِّنَ ٱللَّهِ وَرَسُولِهِۦ وَجِهَادٍ فِى سَبِيلِهِۦ فَتَرَبَّصُوا۟ حَتَّىٰ يَأْتِىَ ٱللَّهُ بِأَمْرِهِۦ ۗ وَٱللَّهُ لَا يَهْدِى ٱلْقَوْمَ ٱلْفَـٰسِقِينَ
« Dis : “Si vos pères, vos fils, vos frères, vos épouses, vos proches, les biens que vous avez acquis, le commerce dont vous craignez le déclin, et les demeures que vous aimez — vous sont plus chers qu’Allah et Son Messager et la lutte dans Sa cause, alors attendez qu’Allah fasse venir Son commandement.” Et Allah ne guide pas les gens ouvertement désobéissants. »
Cette liste n’est pas une énumération de choses auxquelles il faudrait renoncer. Chaque élément qui y figure — parents, enfants, mariage, revenus, foyer — est une chose que le Coran ordonne par ailleurs aux croyants d’honorer et de préserver. Ce que l’āyah interdit, c’est une hiérarchie bien précise : que l’un de ces éléments supplante Allah lorsqu’un véritable choix s’impose entre eux. C’est un moment rare, mais nullement hypothétique. C’est l’instant où un gagne-pain dépend d’un compromis que la conscience réprouve, ou lorsqu’une relation pousse une personne à s’éloigner de ce qu’elle sait qu’Allah attend d’elle. L’amour d’Allah est ce qui a déjà décidé, avant même que ce moment n’arrive, de l’issue de ce choix.
Avant de se demander comment accroître l’amour d’Allah, ou ce qu’il produit une fois enraciné — des questions qui méritent qu’on s’y attarde —, il convient de s’arrêter sur ce qui a été établi ici : l’amour n’est pas accessoire à l’adoration, il en est le moteur ; l’amour d’Allah vient en premier et rend possible l’amour du serviteur ; et la prétention de L’aimer se vérifie à un seul endroit contrôlable — à savoir s’il surpasse tout amour concurrent, et s’il se manifeste par le suivi des enseignements de Son Messager (paix et bénédictions sur lui). Tout le reste découle de la justesse de ce point de départ.
Pour la plupart des gens, le terrain d’épreuve quotidien de cette hiérarchie n’est pas un test dramatique mais ordinaire : les mots prononcés lors des duʿāʾ et du dhikr, matin et soir, dans l’aisance comme dans la difficulté. La collection Adhkar sur Quran Gallery rassemble les évocations authentifiées qui fournissent à ce terrain d’épreuve quotidien de véritables mots à utiliser — solides dans leur attribution, et pas seulement familiers à l’oreille.