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Confier ses enfants à Allah : cinq habitudes de protection
Veiller sur un enfant semble être une tâche qui n'incombe qu'aux parents, jusqu'à ce que l'on remarque combien de parents dans le Coran ont plutôt confié ce rôle à Allah. Voici cinq habitudes concrètes — des invocations exactes des prophètes aux mots précis que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a enseignés à ses propres petits-fils — pour en faire une véritable ligne de conduite, et non un simple réconfort.
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- The Quran Gallery team
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Chaque parent finit un jour par vivre la même angoisse : l’enfant échappe à sa vigilance quatre minutes de plus que prévu, et l’esprit comble ce vide en imaginant le pire. Cette anxiété naît en grande partie d’une idée fausse et silencieuse : celle que nous serions le seul rempart entre nos enfants et le danger. Ce n’est pas le cas. Allah est leur al-Waliyy, Celui qui détient véritablement leurs affaires, et leur al-Ḥafīẓ, Celui qui les protège réellement. Nous ne sommes que les moyens ; Il est la cause.
Ce n’est pas pour autant une excuse pour en faire moins. La même tradition qui désigne Allah comme le véritable Protecteur ordonne également à un homme d’attacher son chameau avant de s’en remettre à Allah pour éviter qu’il ne s’égare. L’effort et la confiance ne s’opposent pas, ils se succèdent. Voici donc cinq actions concrètes qu’un parent peut intégrer à cette démarche : il ne s’agit ni de superstitions ni de remèdes de grand-mère, mais d’invocations (du’a), d’éducation et d’habitudes quotidiennes, chacune puisant sa source dans des textes authentiques.
Le Coran fait preuve d’une franchise remarquable à ce sujet. Il ne présente pas les prophètes comme des parents qui avaient tout compris par eux-mêmes ; il les montre en train de demander, de manière explicite, ce qu’ils souhaitaient pour leurs enfants.
Zakariyyā (paix sur lui) a prié pour avoir une descendance à un âge où cela semblait impossible, et les mots qu’il a employés étaient très précis :
هُنَالِكَ دَعَا زَكَرِيَّا رَبَّهُۥ ۖ قَالَ رَبِّ هَبْ لِى مِن لَّدُنكَ ذُرِّيَّةً طَيِّبَةً ۖ إِنَّكَ سَمِيعُ ٱلدُّعَآءِ C’est alors que Zakariyyā invoqua son Seigneur, en disant : « Ô mon Seigneur, accorde-moi, de Ta part, une bonne descendance. Tu es certes l’Audient de l’invocation. »
Remarquez ce qu’il a demandé. Pas simplement un enfant, mais une bonne descendance, ذُرِّيَّةً طَيِّبَةً, en utilisant un terme qui décrit le caractère plutôt que la simple naissance. Cette distinction est fondamentale : il ne s’agissait pas seulement de demander une progéniture, mais le genre d’enfant qui apporte la tranquillité d’esprit à un parent. C’est un rappel utile face à une habitude que beaucoup d’entre nous adoptent sans s’en rendre compte : prier uniquement pour la sécurité, la santé ou la réussite d’un enfant, et plus rarement pour sa droiture avec la même précision que celle employée par Zakariyyā.
Ibrāhīm (paix sur lui) a formulé une requête presque identique ailleurs dans le Coran, demandant la même chose en encore moins de mots :
رَبِّ هَبْ لِى مِنَ ٱلصَّـٰلِحِينَ Seigneur, fais-moi don d’une [progéniture] d’entre les vertueux.
Deux prophètes, dans deux sourates différentes, convergent vers la même brève requête : accorde-moi la vertu, et non pas seulement un fils. C’est une invocation assez courte pour être mémorisée dès la première écoute, et suffisamment précise pour garder tout son sens à chaque répétition. C’est sans doute la raison pour laquelle elle traverse, presque inchangée, deux passages distincts de la révélation.
Un troisième exemple élargit la demande : il ne s’agit plus de demander un enfant, mais d’implorer la protection de cet enfant une fois qu’il est né. Lorsque la femme de ʿImrān a mis au monde Maryam, son premier réflexe n’a pas été de planifier l’avenir de sa fille, mais de la confier à Allah sur-le-champ :
فَلَمَّا وَضَعَتْهَا قَالَتْ رَبِّ إِنِّى وَضَعْتُهَآ أُنثَىٰ وَٱللَّهُ أَعْلَمُ بِمَا وَضَعَتْ وَلَيْسَ ٱلذَّكَرُ كَٱلْأُنثَىٰ ۖ وَإِنِّى سَمَّيْتُهَا مَرْيَمَ وَإِنِّىٓ أُعِيذُهَا بِكَ وَذُرِّيَّتَهَا مِنَ ٱلشَّيْطَـٰنِ ٱلرَّجِيمِ Puis, lorsqu’elle en eut accouché, elle dit : « Seigneur, voilà que j’ai accouché d’une fille » ; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché ! Le garçon n’est pas comme la fille. « Je l’ai nommée Maryam, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre Satan, le banni. »
Trois parents différents, trois situations différentes, et le même réflexe : s’adresser à Allah, avec des mots, avant de faire quoi que ce soit d’autre. C’est une démarche qui mérite d’être reproduite à la lettre — non pas comme un vague sentiment d’espoir, mais comme une véritable phrase prononcée à un instant précis, à l’image de ces trois figures emblématiques.
Une protection qui doit être renouvelée chaque nuit reste fragile. La protection la plus durable s’acquiert lorsqu’un enfant grandit en étant sincèrement proche d’Allah et profondément attaché au Messager (paix et bénédictions sur lui) — non pas parce qu’une règle l’exige, mais parce que cette proximité a été incarnée à la maison assez longtemps pour devenir la sienne. Un enfant qui aime la prière parce qu’il a vu ses parents l’aimer, qui connaît l’histoire du Prophète parce qu’elle lui a été racontée avec chaleur plutôt qu’imposée comme un devoir, porte en lui une forme de protection qui surpasse n’importe quelle précaution ponctuelle. C’est l’habitude de fond qui sous-tend les quatre autres : c’est elle qui fera que l’enfant finira par appliquer le reste de cette liste de lui-même, sans qu’on ait besoin de le lui rappeler.
Dans notre tradition, les enfants sont décrits comme étant plus exposés que les adultes : plus sensibles au mauvais œil, plus vulnérables aux maux invisibles qui les entourent, et moins enclins à penser à se protéger eux-mêmes. C’est donc au parent d’assurer ce rôle jusqu’à ce que cela devienne un automatisme pour l’enfant.
Deux choses méritent d’être enseignées très tôt. Premièrement, Āyat al-Kursī — le verset par excellence, systématiquement enseigné comme protection nocturne. Deuxièmement, les trois courtes sourates regroupées sous le nom de al-muʿawwidhāt — al-Ikhlāṣ, al-Falaq et al-Nās, disponibles en intégralité dans le lecteur du Coran — dont les deux dernières sont littéralement construites autour des mots « Je cherche refuge ». Récitez-les sur un enfant trop jeune pour le faire lui-même et soufflez doucement sur lui ensuite ; en grandissant, enseignez-lui directement les mots et faites de leur récitation avant le sommeil une habitude plutôt qu’un événement occasionnel. Le but n’est pas d’accomplir éternellement un rituel à la place de l’enfant, mais de lui transmettre cette habitude pour que, le jour où vous ne serez plus là pour le faire, il le fasse déjà de lui-même.
Il existe une invocation (du’a) spécifique préservée exactement à cet effet. Il ne s’agit pas d’une supplication générale réadaptée pour les enfants : elle était utilisée par le Prophète (paix sur lui) pour ses propres petits-fils, Ḥasan et Ḥusayn (qu’Allah soit satisfait d’eux deux) :
أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللهِ التَّامَّةِ مِنْ كُلِّ شَيْطَانٍ وَهَامَّةٍ وَمِنْ كُلِّ عَيْنٍ لَامَّةٍ Je cherche refuge auprès des mots parfaits d’Allah contre tout démon, contre toute créature venimeuse et contre tout mauvais œil.
Ibn ʿAbbās rapporte que le Prophète cherchait refuge pour Ḥasan et Ḥusayn avec cette formulation exacte, ajoutant que leur ancêtre Ibrāhīm (paix sur lui) avait utilisé les mêmes mots pour Ismāʿīl et Isḥāq avant eux — page imprimée 4/147 de Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, , hadith 3371.
Cette transmission mérite qu’on s’y attarde : la même phrase, transmise de la maison d’un ancien prophète à celle du Prophète lui-même, est aujourd’hui à la disposition de tout parent pour être transmise à son tour. Enseignez ces mots directement à un enfant, de la même manière que vous lui enseigneriez n’importe quelle autre invocation à mémoriser. Ils portent en eux bien plus qu’un vague sentiment de protection : c’est une formulation héritée, prononcée en toute conscience.
La cinquième habitude est la plus concrète et la plus pratique des cinq, et elle s’accompagne d’une raison explicite plutôt que d’une superstition. Jābir (qu’Allah soit satisfait de lui) rapporte directement cette instruction du Prophète :
إِذَا كَانَ جُنْحُ اللَّيْلِ أَوْ أَمْسَيْتُمْ فَكُفُّوا صِبْيَانَكُمْ فَإِنَّ الشَّيَاطِينَ تَنْتَشِرُ حِينَئِذٍ فَإِذَا ذَهَبَ سَاعَةٌ مِنَ اللَّيْلِ فَحُلُّوهُمْ وَأَغْلِقُوا الْأَبْوَابَ وَاذْكُرُوا اسْمَ اللهِ فَإِنَّ الشَّيْطَانَ لَا يَفْتَحُ بَابًا مُغْلَقًا À la tombée de la nuit, ou le soir venu, retenez vos enfants à l’intérieur, car c’est à ce moment-là que les démons se dispersent. Puis, lorsqu’une partie de la nuit s’est écoulée, laissez-les libres. Fermez vos portes et mentionnez le nom d’Allah, car Satan n’ouvre pas une porte fermée.
— page imprimée 4/128 de Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, , hadith 3304.
L’instruction comporte plusieurs niveaux, et chaque étape a son importance : garder les enfants à l’intérieur au crépuscule, fermer les portes en prononçant le nom d’Allah, couvrir l’eau et la nourriture plutôt que de les laisser à l’air libre. Rien de tout cela ne nécessite de croire en des mystères insondables pour être appliqué. Il s’agit d’une routine domestique dont la cause est clairement énoncée, qui ne diffère pas fondamentalement du fait de verrouiller sa porte la nuit pour toute autre raison, si ce n’est qu’ici, la raison nous est explicitement donnée au lieu d’être simplement supposée.
Attachez le chameau, puis confiez-le à Allah. Invoquez directement, comme l’ont fait trois parents différents dans le Coran. Bâtissez un foyer où la proximité avec Allah est une évidence. Mettez une véritable protection — Āyat al-Kursī, les muʿawwidhāt, les mots exacts enseignés pour Ḥasan et Ḥusayn — dans la bouche même de l’enfant le plus tôt possible. Fermez la maison la nuit et expliquez-en la raison. Aucune de ces cinq habitudes ne remplace les autres, et aucune ne se substitue à la présence et aux efforts des parents : elles sont la traduction concrète de cette présence et de ces efforts, mot pour mot.
Si réciter ces invocations avec vos enfants est une nouveauté pour vous, la collection d’adhkār les rassemble toutes au même endroit — Āyat al-Kursī, les muʿawwidhāt et les protections quotidiennes — prêtes à être récitées ensemble avant la fin de la journée.
Nous avons veillé à ce que chaque hadith et chaque verset cité ci-dessus renvoie à une page que vous pouvez consulter par vous-même. Si vous constatez une erreur de notre part, n’hésitez pas à nous le signaler : la corriger fait partie de cette même notion de confiance dont traite cet article. Et nous demandons à Allah ﷻ de protéger les enfants de chaque lecteur bien mieux que nous ne pourrions jamais le faire par nous-mêmes.