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Vingt qualités que le Coran nomme, et le verset derrière chacune d'elles

Le Coran ne décrit pas le bon comportement comme un vague idéal à atteindre : il le nomme, à vingt reprises, chaque instruction étant liée à un verset précis que vous pouvez ouvrir et lire par vous-même. Chacun de ces vingt versets a été rassemblé et vérifié à partir du texte.

Auteur
The Quran Gallery team
Publié le
Temps de lecture
Lecture de 14 min

Demandez à quelqu’un ce que signifie le « bon comportement » en islam et la plupart des réponses resteront générales : la gentillesse, l’honnêteté, la patience, la liste habituelle que n’importe qui donnerait, peu importe ce qu’il a lu. Le Coran, lui, ne reste pas dans les généralités. À vingt reprises dans le texte, une instruction spécifique est donnée, rattachée à un verset, dans des termes qu’un lecteur peut vérifier plutôt que d’accepter aveuglément. Voici un parcours à travers vingt d’entre elles, regroupées selon ce qu’elles exigent réellement plutôt que par leur ordre d’apparition dans le muṣḥaf, chaque citation en arabe ayant été vérifiée à partir du texte lui-même et liée au verset dont elle est tirée.

Avant même d’aborder l’argent, la parole ou le tempérament, le texte pose quatre instructions qui décrivent toutes la même relation : l’attention du croyant qui retourne, encore et encore, vers Celui à qui elle est due en premier lieu.

فَٱذْكُرُونِىٓ أَذْكُرْكُمْ وَٱشْكُرُوا۟ لِى وَلَا تَكْفُرُونِ

Souvenez-vous de Moi, Je me souviendrai de vous. Soyez-Moi reconnaissants et ne Me reniez pas.

— Sourate Al-Baqarah, 2:152

Le verset ne décrit pas l’évocation comme un devoir unilatéral sans rien en retour. Elle est formulée comme un échange, et Allah Se désigne comme la partie qui fait le premier pas : le rappel du croyant est accueilli et récompensé, et non pas simplement enregistré.

وَإِذْ تَأَذَّنَ رَبُّكُمْ لَئِن شَكَرْتُمْ لَأَزِيدَنَّكُمْ ۖ وَلَئِن كَفَرْتُمْ إِنَّ عَذَابِى لَشَدِيدٌ

Et [rappelez-vous] lorsque votre Seigneur a proclamé : « Si vous êtes reconnaissants, J’augmenterai très certainement [Mes bienfaits] pour vous ; mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment est vraiment terrible. »

— Sourate Ibrāhīm, 14:7

Ici, la gratitude n’est pas simplement une réponse polie à un don déjà reçu. Elle est présentée comme la condition même qui permet d’en obtenir davantage — et la phrase qui suit rend l’alternative tout aussi claire, sans l’atténuer.

إِنَّ فِى خَلْقِ ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ وَٱخْتِلَـٰفِ ٱلَّيْلِ وَٱلنَّهَارِ لَـَٔايَـٰتٍ لِّأُو۟لِى ٱلْأَلْبَـٰبِ

En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence.

— Sourate Āl ʿImrān, 3:190

La méditation n’est pas présentée ici comme un passe-temps privé réservé aux esprits philosophes. Le ciel qui change de couleur au crépuscule et ces mêmes vingt-quatre heures qui se divisent en lumière et en obscurité, jour après jour sans jamais faillir, sont qualifiés de signes : des preuves, adressées à quiconque est prêt à les regarder véritablement au lieu de passer son chemin.

قَدْ أَفْلَحَ ٱلْمُؤْمِنُونَ ٱلَّذِينَ هُمْ فِى صَلَاتِهِمْ خَـٰشِعُونَ

Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur prière.

— Sourate Al-Muʾminūn, 23:1–2

Le khushūʿ est placé dans la toute première description du croyant qui réussit, avant l’aumône, avant le jeûne, avant toute autre chose. Il ne s’agit pas simplement d’accomplir la prière, mais d’y être pleinement présent — et non de laisser le corps exécuter ses mouvements alors que le cœur pourrait être n’importe où ailleurs.

Un deuxième groupe n’a rien à voir directement avec l’adoration, mais concerne tout ce qu’un croyant dit, entend, et ce à quoi il s’accroche — ou ce qu’il choisit de laisser couler.

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱتَّقُوا۟ ٱللَّهَ وَكُونُوا۟ مَعَ ٱلصَّـٰدِقِينَ

Ô vous qui croyez, craignez Allah et soyez avec les véridiques.

— Sourate Al-Tawbah, 9:119

L’instruction n’est pas seulement de « dire la vérité ». Elle est de fréquenter ceux qui le font — une reconnaissance du fait que l’honnêteté est plus facile à maintenir, ou plus difficile à abandonner, selon les personnes qui se tiennent à vos côtés.

وَٱلَّذِينَ هُمْ عَنِ ٱللَّغْوِ مُعْرِضُونَ

Et ceux qui se détournent des futilités.

— Sourate Al-Muʾminūn, 23:3

Il ne s’agit pas d’une interdiction des conversations ordinaires. Le laghw désigne les paroles qui ne mènent nulle part — les commérages, les moqueries, les bavardages sans but — et le verbe choisi est se détourner, le même mouvement que l’on fait pour contourner un obstacle sur le sol plutôt que de chercher à en découdre.

إِنَّ ٱلَّذِينَ يُحِبُّونَ أَن تَشِيعَ ٱلْفَـٰحِشَةُ فِى ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ لَهُمْ عَذَابٌ أَلِيمٌ فِى ٱلدُّنْيَا وَٱلْـَٔاخِرَةِ ۚ وَٱللَّهُ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ

Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux ici-bas comme dans l’au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas.

— Sourate An-Nūr, 24:19

Lu dans l’autre sens, le verset sous-entend sa propre récompense : ne prendre aucun plaisir à ce que la faute d’un croyant devienne publique, et ne rien faire pour l’aider à se propager plus loin qu’elle ne l’a déjà fait.

خُذِ ٱلْعَفْوَ وَأْمُرْ بِٱلْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ ٱلْجَـٰهِلِينَ

Fais preuve de pardon, ordonne le bien et détourne-toi des ignorants.

— Sourate Al-Aʿrāf, 7:199

Trois instructions en un seul court verset, et l’ordre est délibéré : pardonner d’abord, corriger ensuite seulement, et réserver la prise de distance à ceux avec qui il est impossible de raisonner. La rancune est ce qui remplit l’espace que ce verset demande au croyant de laisser vide.

۞ وَسَارِعُوٓا۟ إِلَىٰ مَغْفِرَةٍ مِّن رَّبِّكُمْ وَجَنَّةٍ عَرْضُهَا ٱلسَّمَـٰوَٰتُ وَٱلْأَرْضُ أُعِدَّتْ لِلْمُتَّقِينَ ٱلَّذِينَ يُنفِقُونَ فِى ٱلسَّرَّآءِ وَٱلضَّرَّآءِ وَٱلْكَـٰظِمِينَ ٱلْغَيْظَ وَٱلْعَافِينَ عَنِ ٱلنَّاسِ ۗ وَٱللَّهُ يُحِبُّ ٱلْمُحْسِنِينَ

Hâtez-vous vers un pardon de votre Seigneur ainsi qu’un Paradis aussi large que les cieux et la terre, préparé pour les pieux — ceux qui dépensent dans l’aisance comme dans l’adversité, qui dominent leur colère et qui pardonnent à autrui. Car Allah aime les bienfaisants.

— Sourate Āl ʿImrān, 3:133–134

Kāẓimīn al-ghayẓ ne désigne pas l’absence de colère : c’est une colère ressentie et délibérément réfrénée plutôt que déversée sur celui qui l’a provoquée. Le verset associe cette retenue au pardon qui la suit immédiatement, comme si contenir ce sentiment n’était que la moitié de l’instruction.

Le groupe le plus important de cette liste concerne l’argent, les liens de parenté et le devoir envers des personnes que le croyant n’a pas choisies : ses parents, ses voisins, les étrangers de passage.

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓا۟ أَنفِقُوا۟ مِمَّا رَزَقْنَـٰكُم مِّن قَبْلِ أَن يَأْتِىَ يَوْمٌ لَّا بَيْعٌ فِيهِ وَلَا خُلَّةٌ وَلَا شَفَـٰعَةٌ ۗ وَٱلْكَـٰفِرُونَ هُمُ ٱلظَّـٰلِمُونَ

Ô vous qui croyez, dépensez de ce que Nous vous avons attribué, avant que ne vienne un jour où il n’y aura ni rachat, ni amitié, ni intercession. Et ce sont les mécréants qui sont les injustes.

— Sourate Al-Baqarah, 2:254

L’urgence de ce verset vient de ce qu’il supprime, et non de ce qu’il exige. Le jour qu’il décrit, la richesse ne pourra être échangée contre une échappatoire, aucune amitié ne pourra être invoquée comme faveur, et personne ne pourra intercéder pour autrui — c’est précisément pour cela qu’il est demandé de donner dès maintenant.

وَٱلَّذِينَ تَبَوَّءُو ٱلدَّارَ وَٱلْإِيمَـٰنَ مِن قَبْلِهِمْ يُحِبُّونَ مَنْ هَاجَرَ إِلَيْهِمْ وَلَا يَجِدُونَ فِى صُدُورِهِمْ حَاجَةً مِّمَّآ أُوتُوا۟ وَيُؤْثِرُونَ عَلَىٰٓ أَنفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ ۚ وَمَن يُوقَ شُحَّ نَفْسِهِۦ فَأُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلْمُفْلِحُونَ

Il appartient également à ceux qui, avant eux, se sont installés dans la demeure et dans la foi, qui aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que ces derniers ont reçu, et qui les préfèrent à eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent.

— Sourate Al-Ḥashr, 59:9

Ce passage décrit les Anṣār de Médine accueillant les Muhājirūn arrivés sans rien, et la dernière phrase du verset généralise le propos au-delà de ce seul moment historique : la prospérité, selon les critères mêmes du Coran, est liée au fait d’être libéré de l’avarice de sa propre âme — et non à la quantité de biens que l’on a conservée.

۞ لَّيْسَ ٱلْبِرَّ أَن تُوَلُّوا۟ وُجُوهَكُمْ قِبَلَ ٱلْمَشْرِقِ وَٱلْمَغْرِبِ وَلَـٰكِنَّ ٱلْبِرَّ مَنْ ءَامَنَ بِٱللَّهِ وَٱلْيَوْمِ ٱلْـَٔاخِرِ وَٱلْمَلَـٰٓئِكَةِ وَٱلْكِتَـٰبِ وَٱلنَّبِيِّـۧنَ وَءَاتَى ٱلْمَالَ عَلَىٰ حُبِّهِۦ ذَوِى ٱلْقُرْبَىٰ وَٱلْيَتَـٰمَىٰ وَٱلْمَسَـٰكِينَ وَٱبْنَ ٱلسَّبِيلِ وَٱلسَّآئِلِينَ وَفِى ٱلرِّقَابِ وَأَقَامَ ٱلصَّلَوٰةَ وَءَاتَى ٱلزَّكَوٰةَ وَٱلْمُوفُونَ بِعَهْدِهِمْ إِذَا عَـٰهَدُوا۟ ۖ وَٱلصَّـٰبِرِينَ فِى ٱلْبَأْسَآءِ وَٱلضَّرَّآءِ وَحِينَ ٱلْبَأْسِ ۗ أُو۟لَـٰٓئِكَ ٱلَّذِينَ صَدَقُوا۟ ۖ وَأُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلْمُتَّقُونَ

La piété ne consiste pas à tourner vos visages vers l’Orient ou l’Occident. Mais la piété est de croire en Allah, au Jour dernier, aux anges, au Livre et aux prophètes ; de donner de son bien, malgré l’amour qu’on y porte, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide, et pour délier les jougs ; d’accomplir la prière et d’acquitter l’aumône ; de remplir ses engagements lorsqu’on s’y est engagé ; et d’être patient dans l’adversité, la maladie et lors des combats. Les voilà les véridiques, et les voilà les pieux.

— Sourate Al-Baqarah, 2:177

Le droit des proches sur la richesse du croyant n’est pas ici une réflexion après coup : il ouvre la liste, avant les orphelins et les nécessiteux, et l’expression « malgré l’amour qu’on y porte » exclut l’idée de ne donner que ce qui était déjà superflu.

۞ وَقَضَىٰ رَبُّكَ أَلَّا تَعْبُدُوٓا۟ إِلَّآ إِيَّاهُ وَبِٱلْوَٰلِدَيْنِ إِحْسَـٰنًا ۚ إِمَّا يَبْلُغَنَّ عِندَكَ ٱلْكِبَرَ أَحَدُهُمَآ أَوْ كِلَاهُمَا فَلَا تَقُل لَّهُمَآ أُفٍّ وَلَا تَنْهَرْهُمَا وَقُل لَّهُمَا قَوْلًا كَرِيمًا وَٱخْفِضْ لَهُمَا جَنَاحَ ٱلذُّلِّ مِنَ ٱلرَّحْمَةِ وَقُل رَّبِّ ٱرْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِى صَغِيرًا

Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous soyez bons envers vos parents. Si l’un d’eux ou tous deux atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis point « fi ! », ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit. »

— Sourate Al-Isrāʾ, 17:23–24

La bonté envers les parents est placée directement après le commandement de n’adorer qu’Allah — la seule obligation qui la précède dans la phrase. Le verset ne s’arrête pas à l’interdiction de la cruauté ; il nomme un ton de voix spécifique à ne pas employer, précisément à l’âge où il est le plus difficile de garder patience avec eux.

فَـَٔاتِ ذَا ٱلْقُرْبَىٰ حَقَّهُۥ وَٱلْمِسْكِينَ وَٱبْنَ ٱلسَّبِيلِ ۚ ذَٰلِكَ خَيْرٌ لِّلَّذِينَ يُرِيدُونَ وَجْهَ ٱللَّهِ ۖ وَأُو۟لَـٰٓئِكَ هُمُ ٱلْمُفْلِحُونَ

Donne donc au proche parent son dû, ainsi qu’au pauvre et au voyageur en détresse. Cela est meilleur pour ceux qui recherchent le visage d’Allah — et ce sont eux qui réussissent.

— Sourate Ar-Rūm, 30:38

Le voyageur mentionné ici n’a aucun lien de parenté sur lequel s’appuyer : c’est une personne de passage, coupée de ses propres ressources par la distance plutôt que par la pauvreté. Le verset lui accorde un dû, le même mot que celui utilisé pour la part du proche, et non un acte de charité laissé à la discrétion de chacun.

۞ وَٱعْبُدُوا۟ ٱللَّهَ وَلَا تُشْرِكُوا۟ بِهِۦ شَيْـًٔا ۖ وَبِٱلْوَٰلِدَيْنِ إِحْسَـٰنًا وَبِذِى ٱلْقُرْبَىٰ وَٱلْيَتَـٰمَىٰ وَٱلْمَسَـٰكِينِ وَٱلْجَارِ ذِى ٱلْقُرْبَىٰ وَٱلْجَارِ ٱلْجُنُبِ وَٱلصَّاحِبِ بِٱلْجَنۢبِ وَٱبْنِ ٱلسَّبِيلِ وَمَا مَلَكَتْ أَيْمَـٰنُكُمْ ۗ إِنَّ ٱللَّهَ لَا يُحِبُّ مَن كَانَ مُخْتَالًا فَخُورًا

Adorez Allah et ne Lui associez rien. Soyez bons envers vos parents, vos proches, les orphelins, les nécessiteux, le voisin qui est un proche parent, le voisin qui est un étranger, le compagnon à vos côtés, le voyageur en détresse et ceux que vous possédez. En vérité, Allah n’aime pas l’arrogant, le vantard.

— Sourate An-Nisāʾ, 4:36

Le verset élargit le cercle du « voisin » au-delà de celui qui partage avec vous un lien de parenté ou de foi : il nomme l’étranger d’à côté aux côtés de la famille, et le compagnon qui marche simplement à vos côtés, avant de se conclure sur un unique trait de caractère qu’Allah dit ne pas aimer : l’arrogance.

وَلَا تَقْرَبُوا۟ مَالَ ٱلْيَتِيمِ إِلَّا بِٱلَّتِى هِىَ أَحْسَنُ حَتَّىٰ يَبْلُغَ أَشُدَّهُۥ ۖ وَأَوْفُوا۟ ٱلْكَيْلَ وَٱلْمِيزَانَ بِٱلْقِسْطِ ۖ لَا نُكَلِّفُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا ۖ وَإِذَا قُلْتُمْ فَٱعْدِلُوا۟ وَلَوْ كَانَ ذَا قُرْبَىٰ ۖ وَبِعَهْدِ ٱللَّهِ أَوْفُوا۟ ۚ ذَٰلِكُمْ وَصَّىٰكُم بِهِۦ لَعَلَّكُمْ تَذَكَّرُونَ

Et ne vous approchez des biens de l’orphelin que de la meilleure manière, jusqu’à ce qu’il atteigne sa majorité. Donnez la juste mesure et le bon poids, en toute équité — Nous n’imposons à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Et quand vous parlez, soyez équitables, même s’il s’agit d’un proche parent. Et remplissez votre engagement envers Allah. Voilà ce qu’Il vous enjoint, afin que vous vous souveniez.

— Sourate Al-Anʿām, 6:152

L’instruction d’être « équitable, même s’il s’agit d’un proche parent » est la partie la plus difficile du verset. L’équité envers un étranger demande peu d’efforts ; c’est dans un conflit qui touche votre propre famille que le verset s’attend à ce que cette exigence soit véritablement mise à l’épreuve.

Rien de ce qui précède ne survit à l’épreuve d’une journée difficile à moins que quelque chose ne le maintienne en place. Le Coran nomme directement ce quelque chose.

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱسْتَعِينُوا۟ بِٱلصَّبْرِ وَٱلصَّلَوٰةِ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ مَعَ ٱلصَّـٰبِرِينَ

Ô vous qui croyez, cherchez du secours dans la patience et la prière. En vérité, Allah est avec ceux qui sont patients.

— Sourate Al-Baqarah, 2:153

Le verbe choisi est « cherchez du secours dans » — istaʿīnū — et non « pratiquez » ou « faites preuve de ». La patience est traitée comme une ressource dans laquelle le croyant puise pour trouver du soutien, directement associée à la prière comme l’autre moitié de la même requête.

وَأَقِمِ ٱلصَّلَوٰةَ طَرَفَىِ ٱلنَّهَارِ وَزُلَفًا مِّنَ ٱلَّيْلِ ۚ إِنَّ ٱلْحَسَنَـٰتِ يُذْهِبْنَ ٱلسَّيِّـَٔاتِ ۚ ذَٰلِكَ ذِكْرَىٰ لِلذَّٰكِرِينَ

Et accomplis la prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. C’est un rappel pour ceux qui se souviennent.

— Sourate Hūd, 11:114

L’affirmation au milieu de ce verset accomplit un travail plus profond que l’instruction sur la prière qui l’entoure : une bonne action n’est pas décrite comme méritant simplement sa propre récompense distincte, mais comme effaçant activement la trace d’une mauvaise action qui l’a précédée.

ثُمَّ كَانَ مِنَ ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ وَتَوَاصَوْا۟ بِٱلصَّبْرِ وَتَوَاصَوْا۟ بِٱلْمَرْحَمَةِ

Et [être] de ceux qui croient, et s’enjoignent mutuellement la patience, et s’enjoignent mutuellement la compassion.

— Sourate Al-Balad, 90:17

Tawāṣī est un verbe réciproque : chaque partie exhorte l’autre, il ne s’agit pas d’une seule personne faisant preuve de patience ou de bonté pendant que tout son entourage s’en contente de bénéficier. Dans ce verset, la compassion est une norme à laquelle une communauté astreint collectivement ses membres, et la patience est exigée dans le même souffle, par la même structure grammaticale.

قُل لِّلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا۟ مِنْ أَبْصَـٰرِهِمْ وَيَحْفَظُوا۟ فُرُوجَهُمْ ۚ ذَٰلِكَ أَزْكَىٰ لَهُمْ ۗ إِنَّ ٱللَّهَ خَبِيرٌۢ بِمَا يَصْنَعُونَ

Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté. C’est plus pur pour eux. Allah est parfaitement Connaisseur de ce qu’ils font.

— Sourate An-Nūr, 24:30

L’instruction est d’abord donnée aux hommes, de manière isolée, sans aucune exemption pour un moment d’intimité dont personne d’autre ne serait témoin — la proposition finale cite la connaissance d’Allah comme la raison pour laquelle elle s’applique même dans ce cas.

وَقُل لِّلْمُؤْمِنَـٰتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَـٰرِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ …

Et dis aux croyantes de baisser leurs regards et de garder leur chasteté…

— Sourate An-Nūr, 24:31

L’instruction parallèle destinée aux femmes s’ouvre sur la même paire de verbes — baisser, garder — avant que le verset ne se poursuive sur plusieurs lignes avec des règles spécifiques concernant le voile et les proches qui en sont exemptés. Ces lignes ne sont pas reproduites ici car le principe qui sous-tend les deux versets est le même : la pudeur est exigée des deux sexes, adressée à chacun à son tour plutôt que présumée pour l’un et légiférée pour l’autre.

Vingt n’est pas un plafond que le Coran fixe au bon comportement, ni une liste de cases à cocher pour ensuite passer à autre chose. Ce que les vingt versets ci-dessus partagent est bien plus précis que « soyez une bonne personne » : chacun nomme un comportement exact, le lie à une raison explicite, et donne au lecteur des coordonnées à aller vérifier plutôt qu’un état d’esprit auquel aspirer. Lus ensemble, ils décrivent une personne dont l’adoration, la parole, la richesse, le tempérament et l’intimité répondent tous à la même exigence, verset par verset plutôt que dans l’abstrait.

Vous pouvez lire chaque sourate citée ci-dessus dans son intégralité, en arabe et en traduction, dans notre lecteur du Coran.

Si l’une de ces traductions s’est éloignée de ce que dit réellement l’arabe, dites-le-nous et nous la corrigerons. Chaque verset ci-dessus a vocation à être vérifié, et non à être cru sur parole.

Qu’Allah ﷻ nous facilite la mise en pratique de Ses paroles, et pas seulement leur citation.