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Les portes sont ouvertes : pourquoi l'arrivée du Ramadan mérite d'être célébrée, et non redoutée

Le Ramadan n'est pas un fardeau qui s'abat sur le calendrier une fois par an : c'est une saison de miséricorde que le Prophète (paix et salut sur lui) nous a dit d'accueillir avec joie. Voici pourquoi l'ouverture de ces portes devrait résonner comme une excellente nouvelle.

Auteur
The Quran Gallery team
Publié le
Temps de lecture
Lecture de 8 min

Chaque année, la même nouvelle lune suscite deux réactions diamétralement opposées. D’un côté, certains comptent les jours les séparant du Ramadan avec une certaine appréhension, redoutant un mois de faim, de sommeil écourté et une liste de tâches qui s’allonge. De l’autre, certains décomptent les jours avec l’enthousiasme de celui qui s’apprête à recevoir un cadeau attendu depuis onze mois. Tous regardent pourtant les mêmes trente jours. La différence ne réside pas dans le mois en lui-même, mais dans ce qu’ils en savent.

Le Prophète (paix et salut sur lui) n’a pas présenté le Ramadan à ses compagnons comme une obligation à laquelle il fallait se préparer avec résignation. Il l’a annoncé comme on annonce une merveilleuse nouvelle :

رَمَضَانُ شَهْرٌ مُبَارَكٌ فَرَضَ اللهُ عَلَيْكُمْ صِيَامَهُ تُفْتَحُ فِيهِ أَبْوَابُ السَّمَاءِ وَتُغْلَقُ فِيهِ أَبْوَابُ الْجَحِيمِ وَتُغَلُّ فِيهِ مَرَدَةُ الشَّيَاطِينِ لِلهِ فِيهِ لَيْلَةٌ خَيْرٌ مِنْ أَلْفِ شَهْرٍ مَنْ حُرِمَ خَيْرَهَا فَقَدْ حُرِمَ

« Le Ramadan vous est venu, un mois béni. Allah vous a prescrit de le jeûner. Durant ce mois, les portes du ciel sont ouvertes, les portes de l’Enfer sont fermées et les diables rebelles sont enchaînés. Allah y a placé une nuit meilleure que mille mois — quiconque est privé de son bien est véritablement privé. » ( , Sunan al-Nasā’ī, hadith 2106)

Remarquez l’ordre de la phrase. Avant même que le jeûne ne soit mentionné comme une obligation, il est présenté comme un don : des portes qui s’ouvrent, des chaînes placées sur ce qui nous pousse habituellement vers le péché, une seule nuit pesant plus lourd que quatre-vingt-trois années d’adoration ordinaire. Les premiers savants qui ont étudié cette narration en ont tiré une conclusion directe : c’est sur cette base que l’on se félicite mutuellement à l’arrivée du Ramadan. Si les portes du Paradis se sont ouvertes, pourquoi le croyant ne serait-il pas félicité ? Si les portes de l’Enfer se sont fermées, pourquoi le pécheur ne serait-il pas félicité ? Si les diables qui murmurent d’ordinaire sont entravés, pourquoi celui qui lutte contre la tentation ne serait-il pas félicité ?

Cet élan de félicitations n’a rien de sentimental. C’est la réponse à une réalité concrète : pendant ces trente jours, le paysage spirituel lui-même se transforme en faveur du croyant.

Il est facile de supposer que l’expression « les portes s’ouvrent » ne décrit que Laylat al-Qadr, nichée dans les dix dernières nuits. Une autre narration précise pourtant que cette ouverture se produit chaque nuit du mois :

إِذَا كَانَ أَوَّلُ لَيْلَةٍ مِنْ شَهْرِ رَمَضَانَ صُفِّدَتِ الشَّيَاطِينُ وَمَرَدَةُ الْجِنِّ وَغُلِّقَتْ أَبْوَابُ النَّارِ فَلَمْ يُفْتَحْ مِنْهَا بَابٌ وَفُتِحَتْ أَبْوَابُ الْجَنَّةِ فَلَمْ يُغْلَقْ مِنْهَا بَابٌ وَيُنَادِي مُنَادٍ يَا بَاغِيَ الْخَيْرِ أَقْبِلْ وَيَا بَاغِيَ الشَّرِّ أَقْصِرْ وَلِلَّهِ عُتَقَاءُ مِنَ النَّارِ وَذَلِكَ كُلَّ لَيْلَةٍ

« Dès la première nuit du mois de Ramadan, les diables et les djinns rebelles sont enchaînés, les portes de l’Enfer sont fermées sans qu’aucune ne s’ouvre, et les portes du Paradis sont ouvertes sans qu’aucune ne se ferme. Un héraut appelle : “Ô chercheur de bien, avance ! Ô chercheur de mal, recule !” Et Allah affranchit des gens du Feu — et cela se produit chaque nuit. » ( , Sunan al-Tirmidhī, hadith 682)

Relisez cet appel : Ô chercheur de bien, avance. Il ne s’adresse pas uniquement aux savants, ni à ceux qui ont déjà une solide habitude de la prière nocturne, ni à quiconque en particulier. Il s’adresse à quiconque est prêt à répondre présent. Le Ramadan abaisse le coût des bonnes actions et augmente la difficulté du péché pour tous, de manière égale, chaque nuit, pendant un mois entier. Cette invitation n’exige aucun prérequis.

Si le Ramadan a véritablement un tel poids, une question légitime se pose : pourquoi ne dure-t-il qu’une trentaine de jours ? Le Coran répond directement à cette question, au cœur même du verset qui rend le jeûne obligatoire :

أَيَّامًا مَّعْدُودَٰتٍ ۚ فَمَن كَانَ مِنكُم مَّرِيضًا أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِّنْ أَيَّامٍ أُخَرَ ۚ وَعَلَى ٱلَّذِينَ يُطِيقُونَهُۥ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍ ۖ فَمَن تَطَوَّعَ خَيْرًا فَهُوَ خَيْرٌ لَّهُۥ ۚ وَأَن تَصُومُوا۟ خَيْرٌ لَّكُمْ ۖ إِن كُنتُمْ تَعْلَمُونَ

« (Jeûnez) pendant un nombre de jours comptés. Mais quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, alors un nombre égal d’autres jours (doivent être rattrapés). Et pour ceux qui ne peuvent jeûner (qu’avec difficulté) — une rançon (en compensation) consiste à nourrir un pauvre (chaque jour). Mais quiconque fait de son propre gré un bien supplémentaire, c’est mieux pour lui. Et jeûner est bien meilleur pour vous, si seulement vous saviez. » (Sūrat al-Baqarah, 2:184)

« Un nombre de jours comptés » n’est pas une excuse pour la difficulté du jeûne. C’est un choix délibéré. Allah aurait pu faire du jeûne une obligation tout au long de l’année, à l’instar des cinq prières quotidiennes. Au lieu de cela, Il a condensé une réinitialisation spirituelle complète sur une période fixe et prévisible du calendrier — suffisamment longue pour véritablement changer une habitude, mais suffisamment courte pour que personne ne puisse prétendre que c’était au-dessus de ses forces. Même les exemptions intégrées dans ce même verset — la maladie, le voyage, l’incapacité réelle — montrent qu’il s’agit d’une miséricorde dotée d’une flexibilité intrinsèque, et non d’une épreuve conçue pour briser qui que ce soit.

Il existe une façon de formuler cela, héritée des premières générations, qu’il est bon de garder à l’esprit tout au long du mois. Ḥafṣah bint Sīrīn avait coutume de citer le savant Abū al-ʿĀliyah, qui disait qu’un jeûneur demeure en état d’adoration tant qu’il s’abstient de médire des gens — et ce, même pendant son sommeil. Elle ajoutait ensuite, avec une pointe d’émerveillement dans la voix, à quel point il est remarquable d’être compté parmi les adorateurs alors même que l’on est allongé dans son lit. C’est là toute la dimension du Ramadan telle que la décrivent les sources : un mois où les heures ordinaires sont discrètement sublimées, et non pas seulement un mois où un effort extraordinaire est exigé.

Les cinq prières quotidiennes rythment la journée. Le vendredi rythme la semaine. Le Ramadan rythme l’année — et le Prophète (paix et salut sur lui) a décrit avec précision l’effet de ce rythme :

الصَّلَوَاتُ الْخَمْسُ وَالْجُمْعَةُ إِلَى الْجُمْعَةِ وَرَمَضَانُ إِلَى رَمَضَانَ مُكَفِّرَاتٌ مَا بَيْنَهُنَّ إِذَا اجْتَنَبَ الْكَبَائِرَ

« Les cinq prières quotidiennes, la prière du vendredi jusqu’à la suivante, et le Ramadan jusqu’au suivant, sont une expiation pour ce qui s’est passé entre eux, tant que les péchés majeurs sont évités. » ( , Ṣaḥīḥ Muslim, hadith 233)

Superposez ces trois cycles et un schéma se dessine. Chaque prière remet à zéro quelque chose de petit. Chaque semaine remet à zéro quelque chose de plus grand. Chaque Ramadan remet à zéro l’année entière. Une personne qui prend ce mois au sérieux ne fait pas que jeûner : on lui offre ce qui se rapproche le plus d’une page vierge dans cette vie, selon un calendrier prévisible. Ibn al-Qayyim a formulé la même idée de manière plus incisive : quiconque préserve son vendredi du mal préserve sa semaine du mal ; quiconque préserve son Ramadan du mal préserve son année du mal.

Il est bon de s’en imprégner avant même que le mois ne commence. Le Ramadan n’est pas une parenthèse dans l’année : c’est le mécanisme par lequel le reste de l’année est recalibré. Traitez-le comme un bruit de fond, et cette réinitialisation passera inaperçue. Traitez-le comme le rendez-vous qu’il est réellement, et les onze mois suivants auront un tout autre poids.

Rien de tout cela n’a pour but de susciter l’angoisse de ne pas être à la hauteur. Le Coran indique au croyant comment accueillir un tel don, dans un verset révélé au sujet de la grâce et de la miséricorde d’Allah en général, et appliqué par des générations de savants précisément à ce type de période :

قُلْ بِفَضْلِ ٱللَّهِ وَبِرَحْمَتِهِۦ فَبِذَٰلِكَ فَلْيَفْرَحُوا۟ هُوَ خَيْرٌ مِّمَّا يَجْمَعُونَ

« Dis : “De la grâce d’Allah et de Sa miséricorde — que de cela ils se réjouissent ; c’est bien mieux que ce qu’ils amassent.” » (Sūrah Yūnus, 10:58)

Le Ramadan, c’est précisément cela : la grâce et la miséricorde d’Allah, rendues concrètes et dotées d’une date de début sur le calendrier. L’injonction n’est pas de le subir, ni de simplement le tolérer jusqu’à ce qu’il se termine, mais de s’en réjouir — car ce qu’il offre surpasse tout ce qu’une personne pourrait amasser par ses seuls efforts. Un mois, c’est court. Des portes qui restent ouvertes chaque nuit pendant trente nuits, une nuit qui pèse plus lourd que mille mois, une année entière de péchés effacés d’un seul coup — rien de tout cela n’est éphémère.

Cet accueil n’a pas besoin d’attendre le premier jour de jeûne. Il peut commencer dès maintenant, dans les jours qui précèdent le Ramadan, en ajustant trois éléments :

  • L’intention. Décidez, avant l’arrivée du mois, de ce que vous en attendez réellement — non pas un vague désir de « faire plus », mais des objectifs précis que vous souhaitez atteindre : une portion du Coran, une habitude de prière nocturne, une relation que vous voulez réparer avant que les portes ne se referment.
  • L’anticipation. Remarquez la différence entre le compte à rebours d’un fardeau et celui d’un rendez-vous que vous ne voulez surtout pas manquer. Les hadiths cités plus haut ne sont pas de simples ornements : ils décrivent ce qui se passe réellement durant ces trente jours, que l’on en ait conscience ou non.
  • Les invocations (Du’a). Demandez à Allah de vous permettre d’atteindre ce mois, et qu’il vous trouve dans un état vous permettant d’en tirer profit. Garder la langue occupée par Son évocation à l’approche du Ramadan fait déjà partie de la préparation — c’est une habitude qu’il vaut mieux intégrer à son rythme quotidien dès maintenant plutôt que de s’y lancer à froid la première nuit.

Si vous cherchez un moyen structuré de maintenir cette évocation avant et pendant le mois — avec des invocations courtes et authentifiées pour le matin, le soir et les moments entre les deux —, les Adhkār de Quran Gallery sont conçus exactement pour cela. Le Ramadan récompense la préparation plus que tout autre mois ; il n’y a pas de meilleur moment pour commencer que les jours qui le précèdent immédiatement.

Ô Allah, fais que ce mois débute pour nous avec bénédiction, foi, sécurité et Islam.