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Jamais refusée : ce que la duʿāʾ apporte à celui qui la formule

La duʿāʾ n'est pas simplement entendue : quatre récits authentiques décrivent ce qu'elle change réellement. Un décret repoussé, une réponse garantie, une porte vers le pardon qu'aucun péché ne peut fermer, et un Seigneur qui s'indigne lorsqu'un serviteur cesse de L'invoquer.

Auteur
The Quran Gallery team
Publié le
Temps de lecture
Lecture de 7 min

La plupart des actes d’adoration sont récompensés dans l’au-delà et laissent ce monde tel qu’ils l’ont trouvé. Il est rapporté que la duʿāʾ a un effet plus immédiat : elle est décrite comme pouvant influencer ce qui a déjà été décrété, garantissant une réponse plutôt que de s’en remettre au hasard, et rouvrant la porte d’un pardon que le propre passif d’une personne semblerait autrement avoir fermée. Rien de tout cela ne relève du simple ressenti spirituel sur le moment, et rien ne dépend du mérite préalable de celui qui invoque. Les quatre récits ci-dessous décrivent ce que l’acte même de demander est censé accomplir, indépendamment de l’éloquence, du mérite ou de la prestance de la personne qui formule la requête. Chacun de ces récits a été retracé jusqu’à sa source imprimée et lu dans son intégralité avant d’être rapporté ici.

L’affirmation la plus saisissante au sujet de la duʿāʾ n’est pas simplement qu’elle est utile, mais qu’elle peut détourner une chose déjà décrétée. Salmān al-Fārisī a rapporté que le Messager d’Allah (que la paix et les bénédictions soient sur lui) a dit :

لَا يَرُدُّ الْقَضَاءَ إِلَّا الدُّعَاءُ، وَلَا يَزِيدُ فِي الْعُمُرِ إِلَّا الْبِرُّ

« Rien ne repousse le décret si ce n’est l’invocation, et rien ne prolonge la durée de vie si ce n’est la piété. »

— Jāmiʿ al-Tirmidhī, édition imprimée, page 4/18 de , qu’al-Tirmidhī lui-même qualifie de ḥasan gharīb — bon, bien que préservé par une chaîne de transmission unique, et pour lequel il affirme ne connaître aucune autre voie.

Lu simplement, ce récit ne décrit ni la chance ni la coïncidence. Il désigne la duʿāʾ comme une cause ayant un poids réel dans un monde où chaque issue est déjà écrite. Non pas parce que le serviteur connaîtrait ce qui a été décrété et demanderait à modifier un registre figé après coup, mais parce que la demande elle-même a été inscrite dans ce registre comme l’un des éléments qu’Allah prend en compte avant que l’issue ne survienne. Une épreuve qui a commencé à s’abattre ne cesse pas d’être réelle lorsqu’une personne se tourne vers la duʿāʾ pour s’en prémunir. Ce qui change, c’est la version des événements qui devait de toute façon se produire : celle où la demande a été faite, ou celle où elle ne l’a pas été. C’est aussi la raison pour laquelle ce même récit associe la duʿāʾ à la piété plutôt que de la laisser isolée : toutes deux sont désignées comme des causes réelles au sein d’un décret qui n’a jamais été présenté comme une fatalité que le serviteur devrait subir passivement.

Allah indique directement au croyant qu’un appel vers Lui ne reste jamais sans réponse :

وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِى عَنِّى فَإِنِّى قَرِيبٌ ۖ أُجِيبُ دَعْوَةَ ٱلدَّاعِ إِذَا دَعَانِ …

« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie… »

— Sūrat al-Baqarah, 2:186

Le Prophète (que la paix soit sur lui) a décrit exactement à quoi ressemble cette réponse dans la pratique, dans un récit préservé d’après Abū Saʿīd al-Khudrī :

مَا مِنْ مُسْلِمٍ يَدْعُو بِدَعْوَةٍ لَيْسَ فِيهَا إِثْمٌ، وَلَا قَطِيعَةُ رَحِمٍ، إِلَّا أَعْطَاهُ اللهُ بِهَا إِحْدَى ثَلَاثٍ: إِمَّا أَنْ تُعَجَّلَ لَهُ دَعْوَتُهُ، وَإِمَّا أَنْ يَدَّخِرَهَا لَهُ فِي الْآخِرَةِ، وَإِمَّا أَنْ يَصْرِفَ عَنْهُ مِنَ السُّوءِ مِثْلَهَا. قَالُوا: إِذًا نُكْثِرُ؟ قَالَ: اللهُ أَكْثَرُ

« Il n’est pas un musulman qui formule une invocation n’impliquant ni péché ni rupture des liens de parenté, sans qu’Allah ne lui accorde l’une de ces trois choses : soit Il hâte l’exaucement de sa demande, soit Il la lui réserve pour l’au-delà, soit Il détourne de lui un mal équivalent. » Ils dirent : « Alors, nous invoquerons abondamment. » Il répondit : « Allah est encore plus [généreux]. »

— Musnad Aḥmad, édition imprimée, pages 17/213–214 de . Al-Haythamī note que cette chaîne de transmission comporte les rapporteurs des deux Ṣaḥīḥs à l’exception de ʿAlī ibn ʿAlī al-Rifāʿī, qu’il juge fiable, et al-Ḥākim l’a par ailleurs qualifiée de ṣaḥīḥ al-isnād, un verdict approuvé par al-Dhahabī.

Remarquez la structure que le hadith décrit réellement : non pas deux issues, mais trois, et la troisième est facile à manquer car rien ne se produit visiblement. Une demande exaucée plus tard reste une réponse. Un mal détourné est également une réponse, même si le serviteur qui en a été épargné n’apprend jamais à quoi il a échappé. Le seul cas que ce hadith ne couvre pas est celui que les gens redoutent le plus — formuler une demande et essuyer un refus catégorique — car ce cas ne figure tout simplement pas sur la liste. « Réservée pour l’au-delà » est souvent perçue comme l’option de consolation, celle accordée lorsque la véritable réponse n’est pas arrivée. Le hadith ne hiérarchise pourtant pas ces trois issues de cette manière. Il rapporte la propre réaction des Compagnons en entendant cela — la résolution d’invoquer plus souvent — et la réponse du Prophète ne fut pas une mise en garde contre l’excès. Ce fut la promesse qu’Allah donne plus encore.

Anas ibn Mālik a rapporté un ḥadīth qudsī — des paroles que le Prophète (que la paix soit sur lui) a transmises directement de la part d’Allah, distinctes du Coran mais qui demeurent une parole divine :

يَا ابْنَ آدَمَ، إِنَّكَ مَا دَعَوْتَنِي وَرَجَوْتَنِي غَفَرْتُ لَكَ عَلَى مَا كَانَ فِيكَ وَلَا أُبَالِي، يَا ابْنَ آدَمَ لَوْ بَلَغَتْ ذُنُوبُكَ عَنَانَ السَّمَاءِ، ثُمَّ اسْتَغْفَرْتَنِي غَفَرْتُ لَكَ وَلَا أُبَالِي

« Ô fils d’Adam, tant que tu M’invoques et que tu places ton espoir en Moi, Je te pardonnerai ce que tu as fait, et Je n’en tiendrai pas compte. Ô fils d’Adam, si tes péchés devaient atteindre les nuages du ciel, et que tu Me demandais ensuite pardon, Je te pardonnerais, et Je n’en tiendrai pas compte. »

— Jāmiʿ al-Tirmidhī, édition imprimée, page 5/509 de , qualifié de ḥasan gharīb par al-Tirmidhī, qui affirme ne connaître ce récit par aucune autre voie que celle-ci.

La condition posée ici n’est pas d’avoir un casier vierge, mais plutôt deux choses qu’une personne peut encore faire après l’avoir ruiné : invoquer Allah et espérer en Lui. Un serviteur qui contemple la longue liste de ses propres échecs et en conclut qu’il n’est plus digne de faire des duʿāʾ a mal compris ce que ce récit garantit exactement. L’ampleur de ce qui est pardonné n’est liée à rien d’autre qu’à la demande et à l’espoir qui la sous-tend. La seconde image employée par le hadith — des péchés empilés jusqu’aux nuages — est délibérément extrême. Elle désigne la limite absolue de ce que l’invocation d’Allah est censée pouvoir atteindre, et non un cas ordinaire, de sorte qu’aucune faute de moindre envergure ne puisse vraisemblablement en être exclue.

La plupart des choses qu’une personne retient et n’offre pas à Allah ne sont pas mentionnées dans les récits. Le silence face à la duʿāʾ, en revanche, l’est. Abū Hurayrah a rapporté que le Messager d’Allah (que la paix soit sur lui) a dit :

إِنَّهُ مَنْ لَمْ يَسْأَلِ اللهَ يَغْضَبْ عَلَيْهِ

« Celui qui ne demande pas à Allah, Il se met en colère contre lui. »

— Jāmiʿ al-Tirmidhī, édition imprimée, page 5/387 de .

Les requêtes ordinaires finissent par lasser les gens : un ami ou un parent trop souvent sollicité pour la même faveur commence à redouter la vue de celui qui demande. Ce récit décrit la réaction inverse de la part d’Allah : c’est le fait de retenir sa demande qui Lui déplaît, et non de la formuler. Un serviteur qui ne demande jamais n’a pas épargné de la peine à son Seigneur. Il a omis le seul acte que tout cet ensemble de récits décrit comme capable de modifier ce qui est décrété, de garantir une réponse et de rouvrir la porte du pardon — déclinant ces trois bienfaits tout en qualifiant cela de retenue. Lu à la lumière du récit précédent, le propos devient encore plus tranchant : une personne trop fière, trop occupée ou trop imbue d’elle-même pour demander ne manque pas simplement une occasion. Elle représente le seul cas que ces récits pointent du doigt comme suscitant le mécontentement divin, précisément parce que toutes les autres issues — une réponse hâtée, une réponse réservée, un mal détourné — lui étaient déjà offertes avant qu’elle ne décide qu’elle n’avait pas besoin de les demander.

Pris dans leur ensemble, ces quatre récits décrivent la duʿāʾ comme un pilier porteur plutôt que comme un élément décoratif : une action qui s’immisce dans le décret, à laquelle Allah S’est engagé à répondre de l’une des trois manières, qui montre que le pardon repose sur bien plus qu’un passé irréprochable, et dont l’absence est rapportée comme étant prise personnellement par Lui. Rien de tout cela n’est avancé ici par simple opinion : chaque affirmation ci-dessus repose sur une page imprimée qui a été ouverte et lue avant d’être rédigée dans cet article. Pour mettre cela en pratique aujourd’hui plutôt que de s’en contenter d’une simple lecture, la collection d’adhkar sur Quran Gallery rassemble des invocations authentifiées pour des moments et des besoins spécifiques, chacune pouvant être retracée jusqu’à sa source.

Si quoi que ce soit ci-dessus a mal cité une narration ou exagéré ce qu’un récit dit réellement, nous préférons être corrigés plutôt que d’être perçus comme plus certains que nous ne le sommes. Qu’Allah ﷻ fasse de nous ceux dont l’appel vers Lui n’est jamais vain.