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Les dix objectifs du Ramadan : un cadre pour un mois qui vous transforme
Un Ramadan sans but se transforme en trente jours de routine répétitive. Voici dix objectifs concrets tirés des priorités que la tradition assigne à ce mois, ainsi qu'une méthode pour choisir les deux dont vous avez réellement besoin cette année.
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- The Quran Gallery team
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La plupart des gens savent à quoi ressemble le Ramadan avant même qu’il ne commence : ni nourriture ni eau de l’aube au coucher du soleil, des nuits plus longues à la mosquée, un rythme de vie différent. Ce qui est beaucoup plus rare, c’est d’avoir un plan définissant l’aboutissement de tous ces efforts. Le jeûne est une méthode, pas une fin en soi — et le Coran nomme cet objectif directement, dans le verset même qui rend le jeûne obligatoire :
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ كُتِبَ عَلَيْكُمُ ٱلصِّيَامُ كَمَا كُتِبَ عَلَى ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ Ô vous qui croyez, le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, ainsi atteindrez-vous la taqwā.
— Sourate al-Baqarah, 2:183
La taqwā — cette conscience constante d’Allah qui façonne ce que vous faites et ce que vous évitez — est le véritable objectif. La faim, le changement d’emploi du temps et les prières supplémentaires sont les échafaudages construits pour l’atteindre. Passer un mois à s’affairer sur l’échafaudage sans jamais vérifier si l’on s’est rapproché du but, c’est vivre trente jours que l’on subit, plutôt que de les avoir choisis. Les savants qui ont écrit sur la finalité du Ramadan ont tendance à diviser ce seul mot en plusieurs objectifs concrets, car une cible aussi abstraite est difficile à viser directement. En voici dix — à lire avant que le mois ne commence, et non pendant.
Quatre de ces dix objectifs touchent à l’essentiel, et aucun d’entre eux ne figure sur un tableau de suivi des bonnes actions. Augmenter son īmān — non pas comme un slogan, mais comme une réalité aux multiples facettes : votre connaissance d’Allah, votre amour pour Lui, votre crainte de ne pas être à la hauteur, votre espoir en Sa miséricorde, votre certitude qu’Il gère ce qui échappe à votre contrôle. Incarner la servitude. En dehors du Ramadan, la vie obéit à une règle simple : je le veux, je le fais. Le jeûne interrompt délibérément cette règle, entraînant l’ego à se soumettre à un ordre qu’il n’a pas choisi. Goûter à la douceur de l’adoration, et pas seulement à son accomplissement. Une prière simplement effectuée et une prière qui a éveillé quelque chose en vous se ressemblent de l’extérieur ; pourtant, la différence entre les deux est la raison même pour laquelle on continue de prier. Purifier le cœur. L’envie, la rancœur, l’orgueil et le refus de se remettre en question ne disparaissent pas simplement parce que vous avez faim — ils disparaissent parce que la faim vous a donné l’occasion de les remarquer et d’y travailler consciemment.
La série suivante est plus visible. Ces objectifs sont conçus pour perdurer bien au-delà des trente jours, et non pour s’éteindre avec eux.
Le comportement est le plus concret des dix, et la tradition est très claire sur son point de départ : votre langue, face à la provocation. Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a lié le jeûne à une exigence plus précise que le simple fait d’éviter le péché en général :
« Lorsque l’un de vous se réveille en état de jeûne, qu’il s’abstienne de tenir des propos obscènes ou d’agir avec ignorance. Si quelqu’un l’insulte ou cherche à se battre avec lui, qu’il dise : “Je jeûne, je jeûne.” »
— rapporté d’après Abū Hurayrah, Ṣaḥīḥ Muslim, page imprimée 2/806 de l’édition
La consigne n’est pas d’« éviter le péché pendant le jeûne » de manière générale. Elle est plus ciblée et plus difficile : le jeûne est spécifiquement un bouclier contre cette version de vous-même qui répond à la provocation par la provocation. Si, à la fin du Ramadan, votre façon de vous disputer avec votre propre famille a changé, ce n’est pas un effet secondaire du mois — c’est l’un de ses dix objectifs qui a rempli exactement le rôle pour lequel il a été conçu.
L’attachement au Coran est la deuxième habitude à cultiver. Ce n’est pas sans raison que le Ramadan porte ce titre :
شَهْرُ رَمَضَانَ ٱلَّذِىٓ أُنزِلَ فِيهِ ٱلْقُرْءَانُ هُدًى لِّلنَّاسِ وَبَيِّنَـٰتٍ مِّنَ ٱلْهُدَىٰ وَٱلْفُرْقَانِ ۚ فَمَن شَهِدَ مِنكُمُ ٱلشَّهْرَ فَلْيَصُمْهُ ۖ وَمَن كَانَ مَرِيضًا أَوْ عَلَىٰ سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِّنْ أَيَّامٍ أُخَرَ ۗ يُرِيدُ ٱللَّهُ بِكُمُ ٱلْيُسْرَ وَلَا يُرِيدُ بِكُمُ ٱلْعُسْرَ وَلِتُكْمِلُوا۟ ٱلْعِدَّةَ وَلِتُكَبِّرُوا۟ ٱللَّهَ عَلَىٰ مَا هَدَىٰكُمْ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants.
— Sourate al-Baqarah, 2:185
Le verset ne dit pas que le Coran a été récité durant ce mois — il dit qu’il y a été descendu. Une récitation sans méditation peut satisfaire un compteur de khatm sans jamais jouer le rôle de guide décrit par le verset ; lire l’intégralité du muṣḥaf n’est que le point de départ de cet objectif, et non son aboutissement. Le qiyām al-layl s’inscrit dans la même logique : il ne s’agit pas d’une performance réservée au Ramadan, mais d’une habitude qui mérite d’être conservée après l’Aïd, une fois qu’elle a eu trente nuits pour s’enraciner.
La ṣalāh, le dhikr et les duʿāʾ accomplis avec excellence complètent ce groupe. Il ne s’agit pas d’en faire plus, mais d’améliorer consciemment la façon dont chacun est accompli : plus de khushūʿ dans la prière, des invocations du matin et du soir prononcées avec attention plutôt qu’avec précipitation, des duʿāʾ qui durent plus longtemps qu’un simple réflexe. La constance relie l’ensemble de ce groupe : le véritable test du Ramadan n’est pas ce qui change pendant trente jours, mais ce qui survit durant les onze mois qui suivent.
Les deux derniers objectifs définissent les enjeux plutôt que la méthode. Le Ramadan offre une concentration exceptionnelle d’opportunités pour obtenir le pardon d’Allah, l’affranchissement du Feu et l’entrée au Paradis — un retour sur investissement introuvable avec une telle intensité dans le reste du calendrier. Cela mérite d’être traité comme l’offre exceptionnelle que c’est, et non comme un simple bruit de fond. Et sous-jacent à tout cela se trouve la taqwā que le verset précédent a déjà nommée : dompter le nafs. En refusant à votre ego la nourriture, la boisson et le sommeil à la demande, vous ne vous contentez pas d’observer un rituel — vous développez une capacité générale de refus qui s’appliquera à toutes ses autres tentations le reste de l’année.
Dix objectifs, cela semble beaucoup, et les traiter comme dix tâches distinctes est le meilleur moyen de rendre le Ramadan épuisant plutôt que transformateur. Il vaut mieux lire la liste une fois, puis faire un bref et honnête état des lieux de votre situation. Peut-être que vos cinq prières quotidiennes sont déjà solides, mais que rien ne les suit — ni witr, ni ḍuḥā, aucune habitude en dehors de l’obligation. Peut-être que l’envie n’est pas votre combat cette année, mais que l’impulsivité l’est. Choisissez le ou les deux objectifs que votre propre vie réclame réellement, et laissez les huit autres servir de toile de fond plutôt que de liste de tâches que vous abandonnerez dès la deuxième semaine.
Chacun de ces dix objectifs se heurte à la même résistance : un ego qui veut ce qu’il veut, tout de suite. Il est utile de considérer ce mois moins comme un ensemble de tâches à accomplir que comme un combat contre un adversaire identifié — un adversaire qui vous a déjà vaincu plus d’une fois avant même le début de ce Ramadan.
Il existe une vieille astuce pour les moments où cette résistance atteint son paroxysme. Bishr al-Ḥāfī marchait un jour vers une ville avec un compagnon qui voulait s’arrêter pour boire à un puits le long de la route. « Nous boirons au prochain », lui dit Bishr. Au puits suivant, même réponse : « Au prochain. » Lorsqu’ils atteignirent la ville, le compagnon ne s’était jamais arrêté — et le commentaire de Bishr à ce sujet est ce qui a marqué ceux qui ont transmis cette histoire par la suite : c’est ainsi que l’on traverse ce monde, un « encore un peu plus loin » à la fois, et non en calculant toute la distance qu’il reste à parcourir.
Ce mois récompense ce genre de petits reports répétés bien plus qu’un unique élan de détermination la première nuit. Et ceux qui, avant nous, prenaient le Ramadan au sérieux considéraient la période qui le précédait comme faisant partie intégrante du projet, et non pas seulement le mois en lui-même :
Ils invoquaient Allah pendant six mois pour qu’Il leur permette d’atteindre le Ramadan — et L’invoquaient les six autres mois pour qu’Il accepte ce qu’ils y avaient accompli.
— Maʿlā ibn al-Faḍl, dans al-Targhīb wa-l-Tarhīb, page imprimée 2/354 de l’édition
Une année structurée de cette manière ne comporte aucune saison où le Ramadan n’est pas au centre des préoccupations. La moitié de l’année est passée à espérer atteindre ce mois ; l’autre moitié à espérer que ce qui y a été accompli a été accepté.
Il est plus facile de s’en tenir à dix objectifs lorsqu’on dispose d’un point de repère quotidien, plutôt que du simple souvenir d’un article lu une fois avant le début du mois. Si les objectifs liés au Coran mentionnés plus haut sont ceux sur lesquels vous devez travailler, le lecteur du Coran rassemble l’arabe, une traduction et le tafsir en un seul endroit — un outil qui mérite d’être mis en favori avant la première nuit de tarāwīḥ plutôt que d’être cherché en plein milieu du Ramadan.
Nous demandons à Allah, al-Ḥayy, al-Qayyūm, de nous permettre d’atteindre ce Ramadan, d’accepter tout le bien qui y sera accompli, et de ne pas nous abandonner à nous-mêmes, ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil.