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L'Adhān n'est pas une suggestion : pourquoi prier en groupe sans attendre
La Ṣalāh en groupe n'est pas un bonus pour les plus zélés : les sources considèrent le fait d'entendre l'appel et d'y répondre promptement comme la norme. Quatre citations analysées pour comprendre pourquoi la mosquée et le premier takbīr méritent d'être poursuivis.
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- The Quran Gallery team
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La plupart d’entre nous considèrent l’adhān comme un simple rappel — un son qui indique que l’heure de la prière a commencé, que l’on met de côté jusqu’à ce que l’on ait terminé ce que l’on est en train de faire. En réalité, la manière dont les sources le décrivent s’apparente davantage à une convocation. On ne vous informe pas simplement que la ṣalāh est disponible ; on vous y appelle. Et les textes islamiques considèrent le fait d’entendre cet appel et de retarder sa réponse comme un choix lourd de conséquences, et non comme un simple détail d’emploi du temps.
Cette perspective se manifeste de deux manières dans la façon dont la tradition aborde la prière en groupe : elle récompense la présence, et elle se montre particulièrement directe envers celui qui entend l’appel mais ne s’y rend pas.
Commençons par l’arithmétique simple que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a donnée pour illustrer la différence entre prier seul et prier avec d’autres :
La prière en groupe dépasse en récompense la prière individuelle de vingt-sept degrés.
Rapporté d’après ʿAbdullāh ibn ʿUmar, imprimé à la page 1/131 de l’édition du Ṣaḥīḥ al-Bukhārī. Il convient de s’arrêter sur la précision de ce chiffre. Les savants ont longtemps compris qu’Allah ne récompense pas seulement la prière en elle-même, mais tout ce qui l’entoure : marcher vers la mosquée, attendre l’iqāmah, se tenir épaule contre épaule avec des personnes que l’on n’a pas choisies et prier malgré tout. Rien de tout cela ne se produit lorsque la ṣalāh n’est qu’une tâche que l’on case dans un moment de libre, seul, là où l’on se trouve.
La deuxième citation est plus difficile à accepter, car elle élimine la possibilité de considérer la prière en groupe comme facultative pour quiconque se trouve à portée de voix de l’adhān :
Quiconque entend l’appel et ne s’y rend pas, sa prière n’est pas valide — à moins qu’il n’ait une excuse.
Attribué à Ibn ʿAbbās, imprimé à la page 1/507 de l’édition des Sunan Ibn Mājah. Les éditeurs de cette version soulignent que les transmetteurs de la chaîne sont les mêmes narrateurs fiables que l’on retrouve dans les deux Ṣaḥīḥs, tout en précisant que plusieurs d’entre eux ont rapporté ce récit comme étant une déclaration propre à Ibn ʿAbbās plutôt qu’une parole qu’il aurait attribuée au Prophète (paix sur lui) — une nuance que les spécialistes de ce hadith n’ont jamais totalement tranchée. Cette réserve n’efface pas le propos ; elle le renforce. Même lu avec prudence, comme l’opinion réfléchie de l’un des plus éminents compagnons sur les obligations liées à l’adhān, « à moins qu’il n’ait une excuse » reste une porte très étroite. Faire cinq minutes de trajet au-delà de son salon, ou être simplement occupé à faire autre chose, ne permet pas de la franchir. Une véritable maladie ou un obstacle réel, oui.
En d’autres termes, la mosquée n’est pas une option supérieure réservée à ceux qui se trouvent avoir du temps libre. Entendre l’appel est le déclencheur ; y répondre est la norme.
Une fois la prière en groupe établie comme règle, les sources vont plus loin : il ne s’agit pas seulement d’y aller, mais de savoir quand on y arrive. Être présent avant que l’imām ne prononce le takbīr d’ouverture (takbīrat al-taḥrīm) est considéré comme un accomplissement en soi :
Quiconque prie pour Allah pendant quarante jours en groupe, en assistant chaque fois au premier takbīr, se verra inscrire deux immunités : une immunité contre le Feu et une immunité contre l’hypocrisie.
Rapporté d’après Anas ibn Mālik, imprimé à la page 1/281 de l’édition des Sunan al-Tirmidhī — où al-Tirmidhī lui-même ajoute une note qu’il convient de répéter plutôt que de dissimuler : il précise que ce récit est majoritairement transmis comme une parole propre à Anas, et qu’il ne connaît personne l’ayant fait remonter jusqu’au Prophète (paix sur lui) en dehors de cette unique voie. Cette honnêteté de la part du compilateur explique en partie pourquoi nous citons de cette manière : un hadith a d’autant plus de valeur lorsqu’on peut évaluer le degré de certitude de ceux qui l’ont préservé, plutôt que de se contenter du simple nom d’un recueil sans rien pouvoir vérifier. Même pris avec des pincettes, ce récit illustre une vérité profonde sur l’importance que la tradition accorde au fait d’arriver en avance plutôt que de se glisser dans un rang au milieu de la prière : le but n’a jamais été d’être simplement présent, mais d’être là avant que la prière ne commence, et non pendant.
La dernière citation répond à une question plus discrète : qu’arrive-t-il à celui qui continue simplement de se présenter, semaine après semaine, sans jamais faillir :
Aucun musulman ne prend l’habitude de fréquenter la mosquée pour la prière et le rappel, sans qu’Allah ne l’accueille avec joie — de la même manière qu’une famille accueille celui qui s’était absenté longtemps et qui rentre chez lui.
Rapporté d’après Abū Hurayrah, imprimé à la page 1/512 de l’édition des Sunan Ibn Mājah — jugé ṣaḥīḥ par al-Ḥākim, approuvé par al-Dhahabī, et authentifié séparément par al-Būṣīrī. C’est le hadith qu’il faut garder à l’esprit les jours où la prière en groupe ressemble plus à une contrainte qu’à une récompense : le critère n’est pas une prière spectaculaire, mais la constance du retour. La mosquée ne se contente pas de comptabiliser les présences ; selon ce récit, c’est un lieu où la régularité est accueillie, et non simplement enregistrée.
En filigrane de ces quatre textes se trouve un avertissement que le Coran formule directement. Allah ne condamne pas les gens pour avoir omis de prier — Il condamne un manquement spécifique au sein même de la prière :
فَوَيْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ ٱلَّذِينَ هُمْ عَن صَلَاتِهِمْ سَاهُونَ Malheur donc à ceux qui prient, tout en négligeant leur prière.
Les exégètes ont longtemps interprété cette négligence de deux manières : le délaissement pur et simple de la prière, ou le fait de la retarder par habitude jusqu’à la caser dans le temps qu’il reste. La prière en groupe est l’une des rares structures que l’Islam a établies spécifiquement pour prémunir contre ce second cas de figure. Une prière avec une heure de rassemblement fixe, une personne attitrée pour vous y appeler, et d’autres fidèles déjà en rangs qui patientent, est beaucoup plus difficile à laisser passer discrètement qu’une prière que l’on ne doit qu’à soi-même, quand on en trouve le temps.
Rien de tout cela n’exige la perfection dès le premier jour. Cela demande plutôt de changer ce que l’on considère comme notre point d’ancrage. Au lieu de voir votre emploi du temps comme immuable et la prière comme ce que vous essayez d’y insérer, considérez l’adhān comme le point fixe et organisez le reste de vos projets de la journée — réunions, courses, temps d’écran — autour de lui. Connaître la fenêtre exacte de la prière, où que vous soyez, élimine l’excuse la plus facile pour la retarder : ne pas savoir combien de temps il reste réellement. L’outil d’horaires de prière de Quran Gallery vous indique ces créneaux pour votre position, avec des notifications, afin que « je n’ai pas vu le temps passer » cesse d’être une raison valable pour arriver après que le premier takbīr a déjà été prononcé.
La récompense décrite plus haut n’est pas destinée à une assiduité parfaite de la part de quelqu’un qui n’éprouve aucune difficulté. Elle est destinée à celui qui continue de choisir de répondre à l’appel, quarante jours d’affilée, une prière après l’autre.