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Un emploi du temps de Ramadan qui tient la route : structurer ses journées autour de la prière, du Coran et de la retenue
La plupart des résolutions du Ramadan s'éteignent discrètement dès la deuxième semaine car elles n'ont jamais été mises par écrit. Voici une méthode pratique pour concevoir un emploi du temps quotidien autour des cinq prières, d'un objectif de lecture du Coran, du dhikr, des invocations et de vos proches — sans oublier, tout aussi important, ce qu'il faut prévoir d'éliminer.
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- The Quran Gallery team
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Demandez à la plupart des gens ce qu’ils attendent du Ramadan et ils vous donneront une réponse louable : prier davantage, lire plus de Coran, devenir une meilleure personne. Demandez-leur deux semaines plus tard si c’est le cas, et les plus honnêtes vous diront que tout avait bien commencé avant de se dissoudre dans les impératifs du quotidien — des heures supplémentaires, une visite familiale, une nuit où le sommeil a pris le dessus. L’intention était sincère. Elle ne s’est simplement jamais transformée en programme, et une intention sans programme finit toujours par céder face au premier imprévu.
C’est précisément pour cela qu’il faut planifier son Ramadan par écrit avant même qu’il ne commence, non pas comme un exercice de productivité, mais pour répondre à la véritable vocation de ce mois :
يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ كُتِبَ عَلَيْكُمُ ٱلصِّيَامُ كَمَا كُتِبَ عَلَى ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ Ô vous qui croyez, le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, ainsi atteindrez-vous la piété (taqwa).
Ce verset fixe un objectif, pas un régime alimentaire. Atteindre la taqwa — cette conscience accrue de Dieu qui façonne la manière dont vous occupez vos heures — n’est pas le simple fruit d’un estomac vide. C’est le résultat d’une journée délibérément restructurée, dont le jeûne est le moteur. Voilà pourquoi l’élaboration d’un emploi du temps doit être la toute première étape de votre préparation au Ramadan, avant même la première prière de tarawih : c’est ce qui fait la différence entre espérer que ce mois vous transforme et organiser concrètement vos journées pour que ce soit le cas. Sūrat al-Baqarah, 2:183
L’erreur de planification la plus courante consiste à traiter la salat comme une tâche parmi d’autres, coincée entre le travail et la préparation des repas. Inversez la logique : construisez le reste de votre journée autour des cinq prières plutôt que d’essayer de les caser dans le temps qu’il vous reste.
Cela commence par la ponctualité — arriver à temps pour le takbir d’ouverture plutôt que de rejoindre la prière en cours de route — et par les prières surérogatoires (sunnah) qui encadrent les prières obligatoires. Ces dernières sont souvent les premières victimes d’un emploi du temps chargé, alors qu’il suffit de les inscrire à l’avance dans son programme pour s’y tenir.
Deux prières méritent d’être mentionnées en particulier, car il est très facile de les omettre complètement de son emploi du temps.
Ṣalāt al-Ḍuḥā, la prière surérogatoire du milieu de la matinée, offre une immense récompense liée à une routine très précise : rester à l’endroit où l’on a prié le Fajr, s’engager dans l’évocation de Dieu jusqu’au lever du soleil, puis accomplir deux unités de prière (rak’ahs).
مَنْ صَلَّى الْفَجْرَ فِي جَمَاعَةٍ ثُمَّ قَعَدَ يَذْكُرُ اللهَ حَتَّى تَطْلُعَ الشَّمْسُ ثُمَّ صَلَّى رَكْعَتَيْنِ كَانَتْ لَهُ كَأَجْرِ حَجَّةٍ وَعُمْرَةٍ تَامَّةٍ تَامَّةٍ تَامَّةٍ Celui qui accomplit la prière du Fajr en congrégation, puis s’assoit pour évoquer Allah jusqu’au lever du soleil, et accomplit ensuite deux unités de prière, obtiendra une récompense équivalente à celle d’un Hajj et d’une Omra — complète, complète, complète.
— Sunan al-Tirmidhī, page imprimée 2/127 de l’édition , hadith 593, rapporté par Anas b. Mālik, avec la conclusion « complète, complète, complète » reportée sur la page imprimée suivante et qualifié de ḥasan gharīb par al-Tirmidhī, et de ṣaḥīḥ li-ghayrihi selon les notes de bas de page de l’édition, dans les Chapitres sur le Voyage.
Si vos matinées de Ramadan se terminent déjà avec la dernière gorgée du suhoor suivie d’un retour au lit, c’est le créneau à haute valeur ajoutée le plus facile à intégrer : vingt minutes paisibles entre le Fajr et le lever du soleil que, les autres mois, vous passeriez de toute façon à dormir.
Qiyām al-Layl — le tarawih, ainsi que le tahajjud, quelle que soit la partie de la nuit que vous parvenez à y consacrer — constitue l’autre pilier, et sans doute le cœur même de ce mois. Récitez lentement plutôt que de vous précipiter pour terminer un nombre défini de pages ; répétez un verset qui vous touche ; laissez le silence de la nuit accomplir ce que le tumulte du jour empêche habituellement.
إِنَّ نَاشِئَةَ ٱلَّيْلِ هِىَ أَشَدُّ وَطْـًٔا وَأَقْوَمُ قِيلًا En vérité, se lever la nuit est plus efficace et plus propice à la récitation.
Le Coran lui-même désigne la nuit comme le moment le plus propice à une récitation qui touche véritablement le cœur, une réalité qu’il est bon de se rappeler les nuits où le tahajjud semble facultatif. Sūrat al-Muzzammil, 73:6
Autour de ces deux piliers, insérez toutes les prières surérogatoires (nafl) que votre emploi du temps peut raisonnablement absorber. La valeur d’un bon programme ne se mesure pas au nombre de cases qu’il contient, mais à sa capacité à survivre à un mardi ordinaire.
Se fixer un nombre de pages par jour est un excellent point de départ, mais un programme qui se limite à la simple lecture passe à côté de trois autres dimensions que ce mois est censé développer : mémoriser de nouveaux passages, réviser ce que l’on connaît déjà pour ne pas l’oublier, et méditer sur le sens de ce que l’on vient de lire plutôt que de passer directement à la sourate suivante.
La méthode la plus simple pour s’assurer de respecter cette quatrième dimension est de s’imposer chaque jour une action concrète tirée de sa lecture — non pas une vague résolution de « méditer davantage », mais une instruction précise à appliquer avant la fin de la journée. Un verset sur la patience se transforme en la décision de ne pas s’emporter contre quelqu’un ; un verset sur la gratitude devient un remerciement spécifique formulé à voix haute. C’est ce qui empêche la récitation de devenir un simple bruit de fond que l’on n’entend même plus.
L’évocation de Dieu et les invocations ne survivent souvent au Ramadan que par bribes — un tasbih expédié après la salat, une invocation hâtive avant l’adhan du maghrib — parce qu’on leur accorde rarement une place à part entière dans l’emploi du temps. Cinq moments méritent d’être explicitement définis plutôt que d’être laissés au hasard : les adhkar du matin et du soir, les adhkar prononcés immédiatement après chaque prière, les adhkar du sommeil, et l’évocation générale disséminée tout au long de la journée lorsque vos mains sont occupées mais que votre esprit est libre — dans les transports, en cuisinant, ou dans une file d’attente.
Les invocations (du’a) méritent la même rigueur. Les moments que ce mois privilégie pour une réponse plus prompte valent la peine d’être planifiés plutôt que d’espérer s’en souvenir le moment venu : les minutes qui précèdent l’iftar, tout au long des heures de jeûne en général, pendant la prosternation (sajdah), et dans le dernier tiers de la nuit. Ajoutez à cela les petites invocations de la sunnah — avant et après manger, en entrant et en sortant de chez soi — qui portent une véritable récompense et qu’il est facile d’oublier lors d’une journée non planifiée. Commencer chaque invocation par les louanges d’Allah avant de demander quoi que ce soit, plutôt que de se lancer directement dans ses requêtes, est une petite habitude qui transforme la nature même de cette pratique.
La discipline du Ramadan n’a pas vocation à être uniquement tournée vers soi. Un emploi du temps qui ne laisse aucune place aux autres passe à côté d’une exigence fondamentale de ce mois.
Concrètement, cela implique de consacrer du temps aux personnes les plus susceptibles d’être négligées dans un foyer très occupé — les parents âgés, ou toute personne de la communauté qui traverse de réelles difficultés — ainsi qu’aux relations qui se sont doucement refroidies, là où un simple coup de téléphone ne coûte rien mais répare quelque chose de profond. Les parents priment sur tous ces liens, avant les amis et même avant certains actes d’adoration surérogatoires, alors que les honorer est une obligation.
L’aumône a sa place sur cette même liste, et nourrir une personne qui jeûne est l’un des rares actes d’adoration qui rapporte double : une fois pour le don en lui-même, et une fois pour partager la récompense de chaque jeûne que vous avez aidé quelqu’un à accomplir.
Un emploi du temps qui ne liste que des ajouts n’est qu’un demi-plan. Ce mois est explicitement un exercice d’entraînement pour l’ego (nafs) — lui apprendre à répondre à autre chose qu’à ses propres appétits — et cela ne fonctionne que si vous identifiez ce que vous comptez restreindre en même temps que ce que vous comptez accomplir.
La nourriture est le point de départ le plus évident, et pourtant le moins facile à corriger dans les faits. Trop manger à l’iftar annule une grande partie des bénéfices du jeûne qui l’a précédé : un repas lourd engendre un corps lourd, un corps lourd réclame du sommeil, et les heures que vous comptiez passer en adoration s’évanouissent dans une léthargie digestive. Le remède est d’une simplicité presque déconcertante : mangez à peu près ce que vous mangeriez lors d’une soirée ordinaire, et non un festin proportionnel à la faim de la journée. Passer moins de temps à préparer des repas élaborés libère un temps précieux pour tout le reste de cette liste.
La parole vient en second lieu, et il est préférable de la planifier délibérément plutôt que d’espérer que la retenue se fasse d’elle-même :
مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلَا يُؤْذِ جَارَهُ، وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيُكْرِمْ ضَيْفَهُ، وَمَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَلْيَقُلْ خَيْرًا أَوْ لِيَصْمُتْ Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier ne cause aucun tort à son voisin ; que celui qui croit en Allah et au Jour dernier honore son invité ; et que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise.
— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, page imprimée 8/11 de l’édition , hadith 6018, rapporté par Abū Hurayrah, dans le Livre des Bienséances, chapitre « que celui qui croit en Allah et au Jour dernier ne cause aucun tort à son voisin ».
Cette dernière proposition s’applique tout autant à l’écran d’un téléphone qu’à une conversation en face à face — un emploi du temps qui prévoit du temps pour le dhikr mais laisse un accès illimité aux réseaux sociaux laisse discrètement la porte ouverte au type de discours contre lequel ce hadith met précisément en garde.
Le sommeil et les interactions sociales complètent la liste. Le Ramadan est la seule période de l’année conçue pour réduire les deux : moins de sommeil, de manière délibérée, pour que la nuit puisse accueillir davantage d’adoration ; et moins d’interactions sociales non structurées, car leur excès endurcit précisément le cœur que le jeûne tente d’adoucir. C’est d’ailleurs toute la logique de l’i’tikaf lors des dix dernières nuits — une retraite loin des gens, spécifiquement pour que rien ne vienne concurrencer l’attention portée à Allah.
Même un bon emploi du temps comporte des moments de flottement — une heure de fatigue où la récitation semble trop exigeante, un trajet, une série de tâches ménagères. Prévoyez une solution de repli plutôt que de perdre ce temps par défaut : une récitation audio ou une courte conférence prête à être écoutée pour cette heure de fatigue, du dhikr récité silencieusement pendant que vos mains sont occupées ailleurs. Gardez à portée de main un livre — même court — qui vous rapproche d’Allah, de Ses paroles et de Son Messager (que la paix et les bénédictions soient sur lui), afin que vos minutes d’inactivité soient mises à profit plutôt que d’être absorbées par un téléphone.
Rien de tout cela n’a besoin d’être complexe pour fonctionner. Il suffit que ce soit écrit, associé à des moments réels de votre journée, et réévalué après quelques jours pour ajuster ce qui ne tient pas la route plutôt que d’abandonner tout le programme. Notre outil d’horaires de prière est un excellent point de départ pour construire cette structure : indiquez votre position, consultez les heures des cinq prières et des prières sunnah pour votre ville, et laissez le reste de votre emploi du temps prendre forme à partir de là.
Puisse Allah nous accorder la sincérité de bien planifier ce mois, et la constance de maintenir ce programme une fois le Ramadan véritablement entamé. Si quoi que ce soit ici manque de précision ou mériterait d’être sourcé plus rigoureusement, nous préférons en être informés plutôt que de le laisser tel quel — n’hésitez pas à nous contacter pour nous le signaler.