Aller au contenu
Search blog
Search blog…
Tous les articles

Articles

Ayat al-Kursi : le plus grand verset protecteur du Coran

Un unique verset de la sourate al-Baqarah a été désigné par le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) comme le plus grand du Coran, et enseigné comme une protection contre le mal jusqu'au matin. Voici ce que disent réellement les sources classiques — et une affirmation populaire à son sujet qu'il a fallu creuser pour tirer au clair.

Auteur
The Quran Gallery team
Publié le
Temps de lecture
Lecture de 6 min

La plupart des personnes ayant prié derrière un imam, où que ce soit dans le monde, ont déjà entendu réciter ce verset, qu’elles en connaissent le nom ou non. Ayat al-Kursi — « le verset du Piédestal » — est composé de 50 mots de la sourate al-Baqarah (2:255). Il est cité, calligraphié sur des tableaux et récité avant de dormir plus que presque n’importe quel autre passage du Coran. C’est précisément cette popularité qui justifie qu’on lui accorde la même rigueur qu’à tout ce qui est largement répété : que dit réellement ce verset, qu’en a véritablement dit le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui), et lesquelles des affirmations qui lui sont rattachées résistent à l’épreuve des sources écrites ?

﴿ٱللَّهُ لَآ إِلَـٰهَ إِلَّا هُوَ ٱلْحَىُّ ٱلْقَيُّومُ ۚ لَا تَأْخُذُهُۥ سِنَةٌ وَلَا نَوْمٌ ۚ لَّهُۥ مَا فِى ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَمَا فِى ٱلْأَرْضِ ۗ مَن ذَا ٱلَّذِى يَشْفَعُ عِندَهُۥٓ إِلَّا بِإِذْنِهِۦ ۚ يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْ ۖ وَلَا يُحِيطُونَ بِشَىْءٍ مِّنْ عِلْمِهِۦٓ إِلَّا بِمَا شَآءَ ۚ وَسِعَ كُرْسِيُّهُ ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضَ ۖ وَلَا يَـُٔودُهُۥ حِفْظُهُمَا ۚ وَهُوَ ٱلْعَلِىُّ ٱلْعَظِيمُ﴾

« Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. Son Kursi déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand. » (2:255)

Il fut un jour demandé directement à un compagnon du Prophète, Ubayy ibn Ka’b (qu’Allah l’agrée), quel était le plus grand verset du Livre d’Allah parmi tous ceux qu’il avait mémorisés. Il répondit qu’Allah et Son Messager le savaient mieux que quiconque. Le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) insista, et cette fois, Ubayy répondit en citant le début d’Ayat al-Kursi. Le Prophète lui tapota alors la poitrine et dit : « Par Allah, que cette science te soit source de joie, Abu al-Mundhir. » Cet échange est rapporté dans l’ouvrage , au chapitre sur les mérites de la sourate al-Kahf et d’Ayat al-Kursi.

Cette réponse n’est pas une simple impression : c’est un rang attribué par le Prophète lui-même, et il convient de s’en demander la raison. Le verset consacre l’intégralité de ses 50 mots à un seul sujet : qui est Allah. Il s’ouvre sur le nom divin lui-même, puis enchaîne avec deux de Ses plus grands attributs — le Vivant et Celui qui subsiste par Lui-même — avant d’aborder Son exemption de tout besoin ou fatigue, Sa souveraineté absolue sur la création, les limites imposées à l’intercession, l’étendue de Son savoir et l’immensité de Son Kursi. Aucun autre verset ne condense autant la description qu’Allah fait de Lui-même en une seule phrase.

Au-delà de son rang, ce verset est porteur d’une promesse bien précise liée à sa récitation nocturne. Abu Hurairah (qu’Allah l’agrée) fut un jour chargé de garder les aumônes collectées pendant le Ramadan. Trois nuits de suite, il surprit un individu en train de voler des poignées de nourriture, et à chaque fois, il le laissa partir après que ce dernier eut invoqué sa pauvreté. La troisième nuit, le voleur lui proposa quelque chose en échange de sa libération : « Quand tu vas te coucher, récite Ayat al-Kursi du début à la fin — “Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même” — et un gardien envoyé par Allah restera à tes côtés, et aucun diable ne s’approchera de toi jusqu’au matin. » Abu Hurairah le relâcha et rapporta l’échange au Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui), qui lui dit : « Il t’a dit la vérité, bien qu’il soit un menteur invétéré. Sais-tu à qui tu as parlé ces trois nuits, Abu Hurairah ? C’était un diable. » Ce récit est rapporté dans le livre , dans le Livre de la Représentation, hadith 2311.

Deux éléments méritent d’être soulignés dans ce récit. Premièrement, la garantie est liée à l’acte de réciter le verset dans son intégralité avant de dormir — et non au fait de le porter sur soi comme une bénédiction générale. Deuxièmement, la confirmation provient d’une source inattendue : le Prophète ne conteste pas les dires du voleur, il les valide, tout en révélant la véritable nature de ce dernier.

Une vertu associée à ce verset circule constamment et méritait bien plus qu’une simple mention : l’idée que quiconque le récite après chaque prière obligatoire n’a plus que la mort qui le sépare du Paradis. Retracer l’origine de cette affirmation n’a pas été simple, et il convient d’être honnête quant à cette difficulté.

Ce récit remonte à Abu Umama (qu’Allah l’agrée) et a été rapporté par al-Nasa’i dans son recueil d’invocations quotidiennes. Par une autre voie, il a été inclus par Ibn Hibban dans son Sahih, avec une chaîne de transmission répondant aux critères des transmetteurs du Sahih al-Bukhari. À l’inverse, Ibn al-Jawzi l’a un jour classé parmi les récits inventés dans son ouvrage consacré au sujet — une accusation grave pour n’importe quel hadith. Mais ce verdict n’a pas été retenu : Ibn Hajar al-‘Asqalani a par la suite qualifié l’inclusion de ce hadith par Ibn al-Jawzi de simple erreur d’inattention de sa part. Les critiques ultérieurs, al-Mundhiri et al-Albani, ont tous deux jugé le récit authentique, ce dernier le classant comme sahih sous le numéro 1595 de son Sahih al-Targhib. Le compte rendu complet de ce débat — les transmetteurs, l’accusation d’invention et son rejet — est consigné dans l’ouvrage , à la page 79.

Il ne s’agit pas là d’un verdict que nous sommes qualifiés pour rendre nous-mêmes, et nous n’en rendons aucun : nous rapportons les conclusions des savants mentionnés, en indiquant précisément où les lire. La leçon à en tirer dépasse ce seul récit : une vertu attachée à un verset très apprécié mérite d’être vérifiée au même titre que n’importe quelle autre affirmation, précisément parce qu’il est apprécié et donc répété sans que personne ne prenne le temps de chercher.

Ce verset ne demande pas à être mémorisé comme un simple ornement. Il décrit un Être qui ne Se lasse jamais de maintenir ce qu’Il a créé, qui possède tout sans avoir besoin de rien, et à la science duquel rien n’échappe. Le réciter avant de dormir, après la prière, ou simplement pour se rappeler à qui l’on s’adresse dans la prière, c’est revenir à chaque fois à cette description — c’est renouveler l’unique message pour lequel ce verset a été révélé.

Lisez la sourate à laquelle il appartient, verset par verset, sur qurangallery.com/quran. Si une citation de cet article ne correspond pas à la page qu’elle indique, faites-le-nous savoir — c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous mentionnons la page.

Puisse Allah ﷻ faire de ce verset un moyen de protection pour nous, dans cette vie et dans l’au-delà.