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Les jours entre la ʿOmra et le Hajj ont été voulus, et non laissés pour compte
L'intervalle entre la fin de la ʿOmra et le départ pour Minā n'est pas un accident de calendrier : il découle d'une directive que les Compagnons ont eu beaucoup de mal à accepter. Voici ce que disent les sources sur cette période, et quelles sont les célèbres récompenses qui s'y rattachent véritablement.
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- L'équipe Quran Gallery
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Le pèlerin qui achève sa ʿOmra avant le Hajj découvre une réalité à laquelle son itinéraire le prépare rarement : plusieurs jours sans la moindre obligation rituelle. L’iḥrām est retiré. Les vêtements habituels sont de nouveau portés. La Kaʿbah n’est qu’à quelques minutes, les meilleurs jours de l’année ont déjà commencé, et aucune autre étape n’est prévue au programme avant le huitième jour de Dhū al-Ḥijjah.
La plupart des guides considèrent ce laps de temps comme une simple contingence logistique : les vols arrivent tôt, il faut donc bien occuper ces journées. Les sources, elles, l’envisagent tout autrement. Cet intervalle existe en raison d’une directive précise, et les Compagnons qui l’ont reçue en premier l’ont perçue comme l’une des choses les plus difficiles qu’on leur ait jamais demandées.
Ce récit est rapporté par al-Bukhārī d’après Ibn ʿAbbās, et il commence par décrire le contexte dans lequel cet ordre est tombé :
كَانُوا يَرَوْنَ أَنَّ الْعُمْرَةَ فِي أَشْهُرِ الْحَجِّ مِنْ أَفْجَرِ الْفُجُورِ فِي الْأَرْضِ، وَيَجْعَلُونَ الْمُحَرَّمَ صَفَرًا، وَيَقُولُونَ إِذَا بَرَا الدَّبَرْ، وَعَفَا الْأَثَرْ، وَانْسَلَخَ صَفَرْ، حَلَّتِ الْعُمْرَةُ لِمَنِ اعْتَمَرْ. قَدِمَ النَّبِيُّ وَأَصْحَابُهُ صَبِيحَةَ رَابِعَةٍ مُهِلِّينَ بِالْحَجِّ، فَأَمَرَهُمْ أَنْ يَجْعَلُوهَا عُمْرَةً، فَتَعَاظَمَ ذَلِكَ عِنْدَهُمْ، فَقَالُوا: يَا رَسُولَ اللهِ، أَيُّ الْحِلِّ؟ قَالَ: حِلٌّ كُلُّهُ Ils considéraient que faire la ʿOmra pendant les mois du Hajj comptait parmi les pires péchés sur terre, et ils remplaçaient le mois de Muḥarram par celui de Ṣafar en disant : « Quand les plaies des montures seront guéries, que les traces se seront effacées et que Ṣafar sera écoulé, alors la ʿOmra sera permise à qui voudra l’accomplir. » Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) et ses Compagnons arrivèrent au matin du quatrième jour, en état d’iḥrām pour le Hajj, et il leur ordonna d’en faire une ʿOmra. Cela leur parut extrêmement lourd, et ils demandèrent : « Messager d’Allah, de quelle désacralisation s’agit-il ? » Il répondit : « Une désacralisation totale. »
— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, page imprimée 2/142 de l’édition , hadith 1564, rapporté d’après Ibn ʿAbbās.
Lisez bien ce qui est réellement demandé. Il ne s’agit pas d’un ajout, mais d’un retrait. Des hommes ayant voyagé pendant des semaines en état de sacralisation se voient ordonner d’y mettre fin, quelques jours seulement avant les rites pour lesquels ils ont fait le déplacement. Et la question posée n’est pas « pourquoi », mais « jusqu’où cela va-t-il ? » — ce que l’on demande quand on a déjà compris la réponse mais qu’on s’y refuse. Tout ce que l’iḥrām avait interdit redevenait permis.
Un deuxième récit, rapporté par Jābir, conserve ce qu’ils se sont dit entre eux et ce qui s’est passé lorsque cela lui est parvenu. L’arabe de leur objection est bien plus cru que ne le laisse paraître n’importe quelle traduction — il mentionne explicitement la trace physique des relations conjugales — et c’est précisément cette crudité qui importe :
فَأَمَرَ النَّبِيُّ أَصْحَابَهُ أَنْ يَجْعَلُوهَا عُمْرَةً، وَيَطُوفُوا، ثُمَّ يُقَصِّرُوا وَيَحِلُّوا إِلَّا مَنْ كَانَ مَعَهُ الْهَدْيُ، فَقَالُوا: نَنْطَلِقُ إِلَى مِنًى وَذَكَرُ أَحَدِنَا يَقْطُرُ، فَبَلَغَ النَّبِيَّ فَقَالَ: لَوِ اسْتَقْبَلْتُ مِنْ أَمْرِي مَا اسْتَدْبَرْتُ مَا أَهْدَيْتُ، وَلَوْلَا أَنَّ مَعِي الْهَدْيَ لَأَحْلَلْتُ Le Prophète (paix sur lui) ordonna à ses Compagnons d’en faire une ʿOmra — d’accomplir le ṭawāf, puis de se raccourcir les cheveux et de quitter l’iḥrām — à l’exception de ceux qui avaient amené une bête de sacrifice. Ils dirent : « Allons-nous partir pour Minā en sortant tout juste du lit de nos épouses ? » Le Prophète en fut informé et déclara : « Si j’avais su au début de cette affaire ce que j’en sais à la fin, je n’aurais pas amené de bête de sacrifice ; et si je n’en avais pas une avec moi, je quitterais moi-même l’iḥrām. »
— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, page imprimée 2/159 de l’édition , hadith 1651, rapporté d’après Jābir.
Remarquez ce qu’il ne fait pas. Il ne retire pas son ordre et ne l’explique pas davantage. Il leur dit que s’il pouvait recommencer ce voyage, il se trouverait exactement dans la même situation qu’eux — et que la seule chose qui le maintient en état d’iḥrām est la bête qu’il a conduite avec lui depuis Médine. La règle est maintenue ; il se place simplement de leur côté.
Muslim rapporte le long récit de Jābir détaillant l’ensemble du pèlerinage. À la fin du saʿy, la même directive est donnée publiquement, et un homme pose la question que tout le monde a en tête :
لَوْ أَنِّي اسْتَقْبَلْتُ مِنْ أَمْرِي مَا اسْتَدْبَرْتُ لَمْ أَسُقْ الْهَدْيَ. وَجَعَلْتُهَا عُمْرَةً. فَمَنْ كَانَ مِنْكُمْ لَيْسَ مَعَهُ هَدْيٌ فَلْيَحِلَّ. وَلْيَجْعَلْهَا عُمْرَةً. فَقَامَ سُرَاقَةُ بْنُ مَالِكِ بْنِ جُعْشُمٍ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَلِعَامِنَا هَذَا أَمْ لِأَبَدٍ؟ فَشَبَّكَ رَسُولُ اللَّهِ أَصَابِعَهُ وَاحِدَةً فِي الْأُخْرَى، وَقَالَ: دَخَلَتِ الْعُمْرَةُ فِي الْحَجِّ، مَرَّتَيْنِ، لَا بَلْ لِأَبَدٍ أَبَدٍ Si j’avais su au début de cette affaire ce que j’en sais à la fin, je n’aurais pas conduit la bête de sacrifice, et j’en aurais fait une ʿOmra. Que celui d’entre vous qui n’a pas de bête de sacrifice avec lui quitte donc l’iḥrām et en fasse une ʿOmra. Surāqah ibn Mālik ibn Juʿshum se leva et demanda : « Messager d’Allah, est-ce seulement pour cette année, ou pour toujours ? » Le Messager d’Allah entrecroisa ses doigts, les uns dans les autres, et dit : « La ʿOmra est entrée dans le Hajj — deux fois — non, pour toujours et à jamais. »
— Ṣaḥīḥ Muslim, page imprimée 2/886 de l’édition , hadith 1218, rapporté d’après Jābir.
Les doigts entrecroisés illustrent la règle par le geste : deux rites longtemps séparés ne forment désormais plus qu’une seule structure. Le même récit raconte la suite des événements : tous se désacralisèrent et se raccourcirent les cheveux, à l’exception du Prophète et de ceux qui avaient amené des bêtes de sacrifice. Puis, lorsque vint le jour de Tarwiyah, ils partirent pour Minā et entrèrent de nouveau en état d’iḥrām, cette fois-ci pour le Hajj.
Ainsi, les jours qui séparent ces deux étapes ne sont pas le reliquat d’un vol arrivé trop tôt. Ils constituent la forme même qui a été donnée au pèlerinage, devant tout le monde, et de manière permanente.
Un pèlerin arrivant le quatrième jour de Dhū al-Ḥijjah a déjà entamé ces dix jours depuis quatre jours, et les sources sont sans équivoque sur la nature de cette décade. Ibn ʿAbbās rapporte qu’il n’y a pas de jours où les bonnes œuvres sont plus aimées d’Allah que ceux-ci. À l’objection immédiate des Compagnons, qui pensaient que le combat dans le sentier d’Allah devait sûrement les surpasser, il fut répondu par un non catégorique, à la seule exception de l’homme qui sort en engageant sa vie et ses biens et n’en revient avec aucun des deux. La précision du narrateur « c’est-à-dire les dix jours » lui appartient et ne fait pas partie des paroles prophétiques. Les éditeurs des Sunan Ibn Mājah qualifient cette chaîne de transmission de ṣaḥīḥ et notent qu’al-Bukhārī rapporte ce récit par la même chaîne.
— Sunan Ibn Mājah, page imprimée 2/620 de l’édition , hadith 1727, rapporté d’après Ibn ʿAbbās ; la formulation d’al-Bukhārī correspond au hadith 969, à la page imprimée 2/20 de l’édition .
Cette même page d’al-Bukhārī contient deux autres éléments dignes d’intérêt. Ibn ʿAbbās identifie les « jours connus » mentionnés dans le Coran comme étant ces dix jours, et les « jours comptés » comme étant les jours de tashrīq qui suivent le sacrifice. De plus, al-Bukhārī rapporte qu’Ibn ʿUmar et Abū Hurayrah se rendaient au marché pendant ces dix jours en prononçant le takbīr à voix haute, et que les gens du marché le répétaient après eux.
Le verset ainsi commenté est le suivant :
لِّيَشْهَدُوا۟ مَنَـٰفِعَ لَهُمْ وَيَذْكُرُوا۟ ٱسْمَ ٱللَّهِ فِىٓ أَيَّامٍ مَّعْلُومَـٰتٍ عَلَىٰ مَا رَزَقَهُم مِّنۢ بَهِيمَةِ ٱلْأَنْعَـٰمِ ۖ فَكُلُوا۟ مِنْهَا وَأَطْعِمُوا۟ ٱلْبَآئِسَ ٱلْفَقِيرَ Afin qu’ils soient témoins des bienfaits qui leur sont accordés et qu’ils invoquent le nom d’Allah aux jours fixés sur ce qu’Il leur a attribué comme bétail. Mangez-en donc et nourrissez le misérable dans le besoin.
La directive liée à ces dix jours ne concerne pas l’adoration en général. Elle consiste à invoquer le nom d’Allah :
مَا مِنْ أَيَّامٍ أَعْظَمُ عِنْدَ اللهِ وَلَا أَحَبُّ إِلَيْهِ الْعَمَلُ فِيهِنَّ مِنْ هَذِهِ الْأَيَّامِ الْعَشْرِ، فَأَكْثِرُوا فِيهِنَّ مِنَ التَّهْلِيلِ وَالتَّكْبِيرِ وَالتَّحْمِيدِ Il n’y a pas de jours plus grandioses auprès d’Allah, ni de jours où les œuvres Lui sont plus aimées, que ces dix jours. Multipliez-y donc le tahlīl, le takbīr et le taḥmīd.
— Musnad Aḥmad, page imprimée 10/296 de l’édition , hadith 6154, rapporté d’après Ibn ʿUmar.
La note éditoriale figurant sur cette page établit une distinction qu’il convient de reproduire plutôt que d’ignorer : le hadith est authentique, bien que cette chaîne de transmission en particulier soit faible en raison de la présence de Yazīd ibn Abī Ziyād. Un récit peut être validé par ses autres voies de transmission, même si celle que vous avez sous les yeux n’est pas celle qui en garantit l’authenticité.
La pratique qu’il décrit a été très tôt contestée. Ibn Rajab rapporte que Maymūn ibn Mihrān disait avoir vécu parmi des gens dont le takbīr, tout au long de ces dix jours, était si dense qu’il le comparait à des vagues. Sur la même page, Ibn Rajab note que certains allaient jusqu’à considérer cette pratique comme une innovation — une position qu’il attribue au fait que la sunnah correspondante ne leur était pas parvenue — et que lorsque Shuʿbah interrogea al-Ḥakam et Ḥammād au sujet du takbīr pendant ces dix jours, tous deux répondirent qu’il s’agissait d’une pratique nouvellement introduite.
— Fatḥ al-Bārī, page imprimée 9/9 de l’ouvrage .
Que deux savants du huitième siècle rejettent une pratique que deux Compagnons accomplissaient au marché n’a rien d’un scandale ; c’est ainsi qu’apparaît une religion de transmission de l’intérieur, avant que tout ne se fige. Le mentionner est bien plus utile que de présenter le takbīr comme si la question ne s’était jamais posée.
Presque tous les guides consacrés à ces jours répètent qu’une prière à al-Masjid al-Ḥarām en vaut cent mille. Ce chiffre provient d’un unique récit des Sunan Ibn Mājah, que voici dans son intégralité :
صَلَاةُ الرَّجُلِ فِي بَيْتِهِ بِصَلَاةٍ، وَصَلَاتُهُ فِي مَسْجِدِ الْقَبَائِلِ بِخَمْسٍ وَعِشْرِينَ صَلَاةً، وَصَلَاتُهُ فِي الْمَسْجِدِ الَّذِي يُجَمَّعُ فِيهِ بِخَمْسِ مِئَةِ صَلَاةٍ، وَصَلَاتُهُ فِي الْمَسْجِدِ الْأَقْصَى بِخَمْسِينَ أَلْفِ صَلَاةٍ، وَصَلَاتُهُ فِي مَسْجِدِي بِخَمْسِينَ أَلْفِ صَلَاةٍ، وَصَلَاتُهُ فِي الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ بِمِئَةِ أَلْفِ صَلَاةٍ La prière d’un homme dans sa maison compte pour une prière ; sa prière dans les mosquées de tribus pour vingt-cinq ; sa prière dans la mosquée du vendredi pour cinq cents ; sa prière à al-Masjid al-Aqṣā pour cinquante mille ; sa prière dans ma mosquée pour cinquante mille ; et sa prière à al-Masjid al-Ḥarām pour cent mille.
— Sunan Ibn Mājah, page imprimée 2/417 de l’édition , hadith 1413, rapporté d’après Anas.
La note de bas de page qualifie cette chaîne de transmission d’extrêmement faible, pour deux raisons : Abū al-Khaṭṭāb al-Dimashqī est inconnu, et concernant Ruzayq al-Alhānī, Ibn Ḥibbān a déclaré qu’il ne pouvait être utilisé comme preuve qu’à titre de corroboration. Elle cite ensuite le jugement d’al-Dhahabī sur ce hadith dans al-Mīzān : gravement munkar (rejeté).
L’indice révélateur se trouve dans le texte même que tout le monde cite. La même phrase évalue al-Masjid al-Aqṣā à cinquante mille et la mosquée du Prophète à cinquante mille — des chiffres qui contredisent ce qui est rapporté de manière authentique et que personne ne reprend. Un récit ne peut pas faire autorité pour sa sixième proposition tout en étant ignoré pour sa quatrième et sa cinquième.
Ce qui est authentique en dit moins, et le dit sans avancer de chiffre :
صَلَاةٌ فِي مَسْجِدِي هَذَا خَيْرٌ مِنْ أَلْفِ صَلَاةٍ فِيمَا سِوَاهُ، إِلَّا الْمَسْجِدَ الْحَرَامَ Une prière dans ma mosquée que voici est meilleure que mille prières accomplies n’importe où ailleurs — à l’exception d’al-Masjid al-Ḥarām.
— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, page imprimée 2/60 de l’édition , hadith 1190, rapporté d’après Abū Hurayrah.
Le Ḥaram fait figure d’exception, et reste non quantifié. Prier en ce lieu n’est pas dévalorisé par le refus d’y inventer un taux de change ; au contraire, une récompense que le texte refuse de limiter constitue une promesse bien plus grande.
Le Ḥaram offre plusieurs fois par jour ce que la plupart des gens ont rarement l’occasion d’accomplir chez eux. Une prière funéraire y suit presque chaque prière obligatoire (farḍ), et c’est l’un des rares actes d’adoration dont la récompense est exprimée en unités :
مَنْ شَهِدَ الْجَنَازَةَ حَتَّى يُصَلِّيَ فَلَهُ قِيرَاطٌ، وَمَنْ شَهِدَ حَتَّى تُدْفَنَ كَانَ لَهُ قِيرَاطَانِ. قِيلَ: وَمَا الْقِيرَاطَانِ؟ قَالَ: مِثْلُ الْجَبَلَيْنِ الْعَظِيمَيْنِ Quiconque assiste à des funérailles jusqu’à ce que la prière soit accomplie obtient un qīrāṭ, et quiconque y assiste jusqu’à l’enterrement obtient deux qīrāṭs. On demanda : « Et que représentent ces deux qīrāṭs ? » Il répondit : « L’équivalent de deux immenses montagnes. »
— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, page imprimée 2/87 de l’édition , hadith 1325, rapporté d’après Abū Hurayrah.
Un qīrāṭ était une petite fraction de monnaie. La question posée dans le récit est tout à fait légitime — une fraction de quoi ? — et la réponse balaie complètement cette échelle de valeur. Cela vaut la peine de rester dans les rangs, tout comme il est frappant de remarquer que le corps sur lequel on prie est enveloppé à peu près de la même étoffe que celle que portait le pèlerin à ses côtés deux jours plus tôt.
Le verset qui nomme la saison du Hajj ne s’arrête pas là. À mi-chemin, il délaisse le calendrier pour s’adresser à la personne qui s’y engage :
ٱلْحَجُّ أَشْهُرٌ مَّعْلُومَـٰتٌ ۚ فَمَن فَرَضَ فِيهِنَّ ٱلْحَجَّ فَلَا رَفَثَ وَلَا فُسُوقَ وَلَا جِدَالَ فِى ٱلْحَجِّ ۗ وَمَا تَفْعَلُوا۟ مِنْ خَيْرٍ يَعْلَمْهُ ٱللَّهُ ۗ وَتَزَوَّدُوا۟ فَإِنَّ خَيْرَ ٱلزَّادِ ٱلتَّقْوَىٰ ۚ وَٱتَّقُونِ يَـٰٓأُو۟لِى ٱلْأَلْبَـٰبِ Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. Si l’on s’y engage à accomplir le pèlerinage, point de rapports charnels, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage. Et le bien que vous faites, Allah le sait. Et prenez vos provisions — mais la meilleure des provisions est la piété. Et redoutez-Moi, ô doués d’intelligence !
La provision est un terme de voyage : c’est ce que l’on charge avant d’entamer une étape dépourvue de commerces. Le verset reprend ce sens ordinaire — la nourriture, l’eau, l’argent pour la route — et affirme que la seule chose qui vaille réellement la peine d’être emportée est la taqwā (la piété), qui ne s’achète pas à l’arrivée.
Les jours entre la ʿOmra et le Hajj constituent la dernière ligne droite où il est encore possible de faire des réserves. Tout ce qu’un pèlerin emporte avec lui en entrant à Minā le huitième jour a été accumulé alors que rien ne lui était imposé. C’est là tout l’intérêt de consacrer ces journées à la prière en congrégation, à la lecture du Coran, au dhikr, et à se tenir en rang pour les funérailles d’un inconnu — et c’est aussi la raison pour laquelle il faut éviter d’arriver à ʿArafah déjà épuisé.
Si quoi que ce soit ci-dessus est erroné — une traduction qui s’éloigne de l’arabe, une citation qui ne tient pas la route, ou une évaluation de hadith affirmée avec plus d’assurance que la source ne le permet — faites-le-nous savoir. Cette correction a plus de valeur à nos yeux que de laisser cet article sans remise en question.
Puisse Allah ﷻ combler l’attente de tous ceux qui se trouvent à La Mecque cette saison par ce qu’Il aime, et faire en sorte qu’aucun d’entre nous n’atteigne le huitième jour de Dhū al-Ḥijjah plus vide qu’à son arrivée.