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L'assise entre les deux prosternations : là où la prière s'arrête pour demander

La posture la plus courte de la prière n'est pas un simple temps de transition entre deux prosternations. Un homme dont la prière fut rejetée a été corrigé avec une condition précise, les récits mesurent sa durée par rapport aux prosternations qui l'encadrent, et presque chaque mot qui y est prononcé est une requête — chaque affirmation ici est appuyée par la page imprimée dont elle est tirée.

Auteur
The Quran Gallery team
Publié le
Temps de lecture
Lecture de 11 min

Dans la plupart des prières, l’assise entre la première et la deuxième prosternation dure moins de deux secondes. On n’y récite rien du Coran. On ne s’y incline pas et on ne s’y prosterne pas. Le peu d’attention qu’il reste au fidèle a tendance à être absorbé par les prosternations qui l’encadrent, et cette posture est souvent perçue comme le temps nécessaire au corps pour passer de l’une à l’autre.

Les récits décrivent pourtant tout autre chose : une posture soumise à la même condition que les prosternations qui l’entourent, une durée qui fait débattre les savants depuis des siècles, et un ensemble de mots par lesquels le fidèle ne fait presque rien d’autre que demander.

Un homme pria dans la mosquée, vint saluer le Prophète (paix et bénédictions soient sur lui), et fut renvoyé — à trois reprises — avec la même phrase : retourne prier, car tu n’as pas prié. Lorsqu’il finit par avouer qu’il ne savait pas faire autrement et demanda qu’on lui apprenne, il reçut une courte séquence de postures, chacune assortie d’une condition. Voici comment elle se termine :

ثُمَّ اسْجُدْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ سَاجِدًا، ثُمَّ ارْفَعْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ جَالِسًا، ثُمَّ اسْجُدْ حَتَّى تَطْمَئِنَّ سَاجِدًا، ثُمَّ افْعَلْ ذَلِكَ فِي صَلَاتِكَ كُلِّهَا

Puis prosterne-toi jusqu’à ce que tu sois apaisé dans ta prosternation, puis relève-toi jusqu’à ce que tu sois apaisé dans ton assise, puis prosterne-toi jusqu’à ce que tu sois apaisé dans ta prosternation. Fais ensuite cela tout au long de ta prière.

— Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, page imprimée 1/158 de l’édition , hadith 793, rapporté d’après Abū Hurayrah.

Lisez ces trois propositions côte à côte. Le verbe y est identique — taṭma’inna, s’apaiser, se stabiliser — et il s’applique à l’assise avec les mêmes mots que pour la prosternation qui la précède et celle qui la suit. Quoi que cet homme ait pu omettre, la correction qui lui est donnée ne traite pas cette assise comme un simple intervalle entre deux actes d’adoration. Elle l’intègre à la liste, avec la même exigence, puis lui ordonne de répéter ce schéma dans chaque unité de chaque prière qu’il accomplit.

La description la plus connue de la durée pendant laquelle le Prophète maintenait chaque posture nous vient d’al-Barā’ ibn ʿĀzib, et cette édition la classe sous un chapitre traitant de l’équilibre des piliers de la prière et de leur allègement sans pour autant les écourter :

كَانَتْ صَلَاةُ رَسُولِ اللَّهِ وَرُكُوعُهُ، وَإِذَا رَفَعَ رَأْسَهُ مِنَ الرُّكُوعِ، وَسُجُودُهُ، وَمَا بَيْنَ السَّجْدَتَيْنِ، قَرِيبًا مِنَ السَّوَاءِ

La prière du Messager d’Allah — son inclinaison, le fait de relever la tête de l’inclinaison, sa prosternation, et ce qui séparait les deux prosternations — était presque d’une durée égale.

— Ṣaḥīḥ Muslim, page imprimée 1/343 de l’édition , hadith 471, rapporté d’après al-Barā’ ibn ʿĀzib.

Ce récit est souvent cité pour prouver que cette assise était longue. Rigoureusement, il prouve quelque chose de plus précis : qu’elle était proportionnelle. Une prière où chaque posture est tout aussi brève répond aussi bien à cette formulation qu’une prière où chaque posture est longue. Ce qui tranche la question, c’est un second récit, rapporté par Ḥudhayfah, décrivant une nuit précise où il observa le Prophète prier et consigna à la fois la durée et les paroles :

ثُمَّ سَجَدَ فَكَانَ سُجُودُهُ نَحْوًا مِنْ قِيَامِهِ، فَكَانَ يَقُولُ فِي سُجُودِهِ: سُبْحَانَ رَبِّيَ الْأَعْلَى، ثُمَّ رَفَعَ رَأْسَهُ مِنَ السُّجُودِ، وَكَانَ يَقْعُدُ فِيمَا بَيْنَ السَّجْدَتَيْنِ نَحْوًا مِنْ سُجُودِهِ، وَكَانَ يَقُولُ: رَبِّ اغْفِرْ لِي، رَبِّ اغْفِرْ لِي

Puis il se prosterna, et sa prosternation dura environ le temps de sa station debout, et il disait dans sa prosternation : « Gloire à mon Seigneur, le Très-Haut. » Puis il releva la tête de la prosternation, et il s’assit entre les deux prosternations pendant environ la durée de sa prosternation, et il disait : « Mon Seigneur, pardonne-moi. Mon Seigneur, pardonne-moi. »

— Sunan Abī Dāwūd, page imprimée 2/154 de l’édition , hadith 874, rapporté d’après Ḥudhayfah ; qualifié de hadith ṣaḥīḥ par l’éditeur de l’ouvrage, Shuʿayb al-Arnaʾūṭ, qui note que cette chaîne de transmission spécifique passe par Abū Ḥamzah, l’affranchi des Anṣār, et un homme non nommé des Banū ʿAbs, et que Muslim rapporte ce récit par une voie différente.

La même page précise que la station debout de cette unité de prière s’est prolongée sur toute la Sūrat al-Baqarah. Mettez ces mesures bout à bout et l’assise cesse d’être une abstraction : la prosternation fut à peu près aussi longue que cette station debout, et l’assise fut à peu près aussi longue que la prosternation.

L’autre apport de cette page — et elle le fait en quatre lignes, sans le moindre commentaire — est de montrer ce qui se dit dans chaque posture. L’inclinaison porte « Gloire à mon Seigneur, l’Immense ». Le redressement porte « À mon Seigneur appartient toute louange ». La prosternation porte « Gloire à mon Seigneur, le Très-Haut ». Trois postures, trois déclarations au sujet d’Allah. Ensuite, le fidèle s’assoit, et la seule chose rapportée sur sa langue est une requête le concernant.

L’instinct de se dépêcher pendant cette assise n’est pas qu’une simple impatience moderne. Il existe une véritable position savante selon laquelle elle est censée être courte, et ce désaccord mérite d’être souligné plutôt qu’effacé, car les deux camps s’appuient sur les mêmes récits.

Ibn al-Mulaqqin, un juriste shāfiʿī mort en 804 de l’Hégire, analyse point par point le hadith sur les postures presque égales, et le cinquième bénéfice qu’il en tire est le suivant : c’est la preuve que l’assise entre les deux prosternations est également un pilier long — un pilier qui peut être prolongé. Il corrige ensuite une affirmation faite par certains commentateurs de sa propre école, selon laquelle les shāfiʿīs n’auraient jamais discuté de la durée de cette assise : ils l’ont bel et bien abordée, dit-il, et ont affirmé catégoriquement qu’elle est courte, alors que ce que le hadith exige, c’est qu’elle soit longue, tout comme le redressement après l’inclinaison.

Al-Iʿlām bi-fawā’id ʿUmdat al-Aḥkām, page imprimée 3/104 du livre .

Six siècles plus tard, ʿUbaydullāh al-Mubārakfūrī lit le récit de Ḥudhayfah de la même manière dans son commentaire de Mishkāt al-Maṣābīḥ : la formulation « il s’assit entre les deux prosternations pendant environ la durée de sa prosternation » est, écrit-il, la preuve que cette assise est un pilier long, et une réfutation de ceux qui soutenaient qu’il est détestable de la prolonger. Il transmet également, par l’intermédiaire de Nayl al-Awṭār d’al-Shawkānī, la remarque d’al-Nawawī selon laquelle il est difficile de répondre à ce hadith.

Mirʿāt al-Mafātīḥ Sharḥ Mishkāt al-Maṣābīḥ, page imprimée 4/186 du livre .

Rien dans ces deux pages ne tranche la question pour le lecteur, et cet article ne la tranchera pas non plus — les écoles divergent réellement sur la classification de cette posture et sur la mesure dans laquelle elle peut être prolongée. Ce que ces deux pages établissent est plus précis et amplement suffisant : quiconque soutient qu’un fidèle peut y prendre son temps n’improvise pas une préférence spirituelle. Il argumente à partir d’un récit décrivant la manière dont la prière était concrètement accomplie.

À côté des deux mots de Ḥudhayfah, une invocation plus complète est rapportée d’après Ibn ʿAbbās. Le chapitre sous lequel elle figure dans cette édition s’intitule, sans la moindre ambiguïté, « l’invocation entre les deux prosternations » :

اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي، وَارْحَمْنِي، وَعَافِنِي، وَاهْدِنِي، وَارْزُقْنِي

Ô Allah, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, accorde-moi le bien-être, guide-moi et pourvois à mes besoins.

— Sunan Abī Dāwūd, page imprimée 2/138 de l’édition , hadith 850, rapporté d’après Ibn ʿAbbās ; l’éditeur de l’ouvrage qualifie la chaîne de ḥasan.

Cinq requêtes en neuf mots qui, à elles seules, englobent ce dont dépendent à la fois l’heure qui suit et l’éternité d’une personne : le pardon du passé, la miséricorde pour ce qu’elle ne peut réparer, la santé dans le corps qu’elle doit habiter, la direction pour les décisions à venir, et les moyens de continuer à avancer. Aucune d’entre elles n’est décorative, et aucune d’entre elles n’est une requête dont on cesse un jour d’avoir besoin.

Les recueils ne transmettent pas cette formulation de manière identique. Al-Tirmidhī rapporte le même récit par la même chaîne de transmission, mais avec une troisième requête différente :

اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي وَارْحَمْنِي وَاجْبُرْنِي وَاهْدِنِي وَارْزُقْنِي

Ô Allah, pardonne-moi, fais-moi miséricorde, répare ce qui est brisé en moi, guide-moi et pourvois à mes besoins.

— Sunan al-Tirmidhī, page imprimée 1/317 de l’édition , hadith 284, rapporté d’après Ibn ʿAbbās.

Wa-jburnī — répare-moi à la manière dont on réduit une fracture — au lieu de wa-ʿāfinī, accorde-moi le bien-être. Les deux sont transmis ; aucun n’est l’altération de l’autre ; un fidèle qui a entendu une formulation dans sa mosquée et une autre sur un enregistrement n’a pris personne en défaut. Sur cette même page, al-Tirmidhī qualifie le récit de gharīb, note qu’une formulation similaire est rapportée d’après ʿAlī, et consigne qu’al-Shāfiʿī, Aḥmad et Isḥāq considéraient qu’il était permis de la prononcer dans les prières obligatoires tout comme dans les prières surérogatoires — une précision qui n’existe que parce que quelqu’un avait soutenu qu’elle était réservée à la prière surérogatoire.

Quant à la formulation plus courte de Ḥudhayfah, al-Mubārakfūrī lit les deux répétitions du récit comme une indication plutôt que comme un compte exact : l’essentiel, écrit-il, est la répétition fréquente et non pas spécifiquement deux fois, et le Prophète continuait à répéter la phrase tant qu’il restait assis.

Il est possible d’avoir le sentiment que demander des choses relève d’un registre inférieur à la louange — que les moments forts de la prière sont ceux où le serviteur dit quelque chose au sujet de son Seigneur, et que cette assise est le moment où il se laisse aller à parler de lui-même. Le Coran comble cet écart directement, et sans ménagement :

وَقَالَ رَبُّكُمُ ٱدْعُونِىٓ أَسْتَجِبْ لَكُمْ ۚ إِنَّ ٱلَّذِينَ يَسْتَكْبِرُونَ عَنْ عِبَادَتِى سَيَدْخُلُونَ جَهَنَّمَ دَاخِرِينَ

Et votre Seigneur a dit : Invoquez-Moi, Je vous exaucerai. Ceux qui, par orgueil, se refusent à M’adorer entreront bientôt dans l’Enfer, humiliés.

Sūrat Ghāfir, 40:60

L’ordre est de demander. Le refus de demander est ensuite décrit, dans la proposition qui suit immédiatement, comme de l’arrogance vis-à-vis de l’adoration — ce qui fait de la demande une forme d’adoration plutôt qu’une interruption de celle-ci. Selon cette lecture, l’assise entre les deux prosternations n’est pas une pause de la prière avant sa reprise. C’est la partie de la prière où le fidèle fait la seule chose que le verset ordonne, dans la posture qui ne lui laisse rien d’autre à faire.

Il existe une véritable divergence sur la posture elle-même, et les sources conservent non seulement la position, mais aussi l’objection qui lui a été faite. Ṭāwūs et ses compagnons interrogèrent Ibn ʿAbbās sur la pratique de l’iqʿā’ — s’asseoir en arrière avec le poids reposant sur les talons :

قُلْنَا لِابْنِ عَبَّاسٍ فِي الْإِقْعَاءِ عَلَى الْقَدَمَيْنِ، فَقَالَ: هِيَ السُّنَّةُ. فَقُلْنَا لَهُ: إِنَّا لَنَرَاهُ جَفَاءً بِالرَّجُلِ. فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: بَلْ هِيَ سُنَّةُ نَبِيِّكَ

Nous avons interrogé Ibn ʿAbbās au sujet de l’iqʿā’ sur les pieds, et il a dit : c’est la sunnah. Nous lui avons dit : nous considérons que c’est une difficulté pour l’homme. Ibn ʿAbbās a répondu : c’est plutôt la sunnah de votre Prophète.

— Ṣaḥīḥ Muslim, page imprimée 1/380 de l’édition , hadith 536, rapporté d’après Ṭāwūs.

Une note dans cette édition — les mots du commentateur, et non ceux de Muslim — distingue deux choses différentes que ce seul terme arabe recouvre : une position accroupie sur le sol avec les mains posées à terre, qui est visée par l’interdiction, et le fait de s’asseoir avec le postérieur sur les talons entre les deux prosternations, ce qui correspond à ce qu’Ibn ʿAbbās voulait dire. Les écoles ne se sont pas accordées sur la posture préférable ici, et ce n’est pas le lieu d’en choisir une. Ce qu’il faut retenir de cette page, c’est la forme de l’échange : une objection a été soulevée pour des raisons de confort, et il y a été répondu sur la base de la transmission.

Redressez-vous après la première prosternation, et pendant toute la durée de cette assise, il n’y a aucune récitation à terminer ni aucun mouvement suivant à préparer. Il y a une requête, et la permission de la répéter autant de fois que dure l’assise. Quoi qu’une personne ait passé sa journée à faire — le regard qu’elle aurait dû baisser, la prière qu’elle a laissé passer hors de son temps, le ton qu’elle a employé avec un parent, l’argent avec lequel elle n’a pas été prudente — c’est le moment de la prière conçu pour y être consacré : une fois dans chaque unité, dix-sept fois au cours d’une journée de cinq prières obligatoires.

Accomplir ces prières à l’heure est la condition préalable avant même que tout cela ne devienne une question. Notre page sur les heures de prière calcule les cinq horaires de la journée pour votre propre position, nomme la méthode de calcul qui les sous-tend, et vous permet de définir le calcul du ʿAṣr que suit votre propre école plutôt que d’en choisir un discrètement à votre place — ainsi, le rendez-vous est fixé, et l’attention a un endroit où se diriger.

Si quoi que ce soit ci-dessus est erroné — une traduction qui manque le sens de l’arabe, une page qui ne dit pas ce que nous avons affirmé, une évaluation énoncée avec plus de certitude que la source ne le permet — n’hésitez pas à nous le signaler. Chaque citation ici ouvre la page imprimée dont elle provient, et c’est précisément pour qu’elle puisse être vérifiée.

Puisse Allah ﷻ nous permettre de nous asseoir à cet endroit sans précipitation, et exaucer ce qui y est demandé.